La lettre de Laurent Joffrin……………(12/07/2018)

Libération 11 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Umtiti, un nom bien français

Un air de 1998 ? La comparaison vient naturellement sous la plume, qui renvoie à une autre finale, gagnée par un onze de France multicolore, une équipe «black-blanc-beur», censée incarner une nation métissée, multiculturelle, unie par ses valeurs de fraternité. Quelques années plus tard, Jean-Marie Le Pen se retrouvait au second tour de la présidentielle et, à peine plus tard, une émeute nationale ruinait les douces anticipations du «vivre ensemble» qui avait fait du football de Zizou l’annonce de la bonne entente nationale. Cette fois, on se méfie : surtout ne pas tirer de leçons hasardeuses des succès de l’équipe de France de Deschamps, tout aussi mélangée que celle de 1998, mais mauvaise augure politique. Dans le commentaire, «prudence petitpas»…

On a déduit des illusions de 1998 que le sport le plus populaire de France reflétait bien mal l’esprit du peuple, que le football était un monde à part, une bulle compétitive et friquée qui avait ses règles propres – une foot-bulle – bien loin des réalités sociales. Et d’ailleurs, la formule même de l’époque, diffusée par les médias – black-blanc-beur – portait en elle-même sa négation, puisqu’au lieu de fondre les différences, elle les juxtaposait, sur un mode communautaire, dans une fausse analogie, faisant du drapeau républicain le symbole d’un assemblage d’ethnies plus que l’emblème d’un creuset.

Et pourtant… Croit-on que le sport, finalement, ne signifie pas grand-chose, que cet événement national ne dit rien sur la nation ? Que ces joueurs d’exception sortent de nulle part, que la Coupe du monde n’est qu’un simple divertissement, au sens complet du terme, qu’il sert donc à divertir, autrement dit à détourner l’attention des réalités cruelles d’une société, fracturée, divisée, partagée entre groupes hostiles, bref un opium du peuple ou encore un haschich des bien-pensants, qui confondent dans un élan candide et trompeur onze joueurs et 67 millions d’habitants ? On se passionne pour Griezmann et Mbappé et on oublie le racisme et la discrimination (remarque de gauche) ou bien l’affrontement de cultures irréconciliables et le spectre du «grand remplacement» (remarque de droite ou d’extrême droite). A droite et à gauche, les obsédés de l’identité feront leur cette thèse, confortable dans son cynisme faussement réaliste.

La nouveauté, s’il y en a une, c’est que les millions de supporteurs qui ont envahi les rues et les places mardi soir se foutent comme de leurs premiers crampons de l’origine des joueurs de l’équipe de France. Pour une raison simple : vingt ans ont passé et, pour eux, la diversité est déjà une réalité admise, du haut en bas de la société. Ils agitent des drapeaux tricolores et chantent la Marseillaise, dans un patriotisme footballistique spontané et pacifique. Point de Blacks, de Blancs ou de Beurs : des attaquants, des défenseurs, des buteurs et des tacleurs. D’où qu’ils viennent, ceux-là sont les héros d’une saga inoffensive, qui réunit le pays. On pense à la chanson de Maurice Chevalier : «Et tout ça, ça fait d’excellents Français…», qui gagnent les matches et arrivent en finale.

Qui sont-ils ? Comme la majorité des footballeurs, des enfants des classes populaires, tout au plus des rejetons de la classe moyenne, depuis longtemps mélangés et donc «multiculturels» bien de chez nous. On glose sur les «territoires perdus de la République». Ils ne sont pas perdus pour l’équipe de France, qui recrute volontiers dans les cités et les quartiers difficiles, viviers du sport de masse. Du coup, la politique revient par la fenêtre. «Liberté, égalité, Mbappé», dit un supporter français nommé Moussa. Pour remplir en quelques minutes les Champs-Elysées, comme au soir du match contre la Belgique, il faut que la banlieue y soit aussi, pas seulement les habitants du VIIIe arrondissement. On vibre d’un élan unitaire dans les bistrots prolos comme dans les bars bobos.

Umtiti, né à Yaoundé, enfant de la banlieue lyonnaise, ou Mbappé, rejeton d’une famille camerounaise, né à Bondy, sont les héros du jour. Mais on n’y pense guère, comme dans un rêve. Délivrez-nous de l’obsession identitaire : c’est peut-être le message de cette Coupe du monde, comme on avait su gré à Macron pendant la campagne présidentielle – ou à Mélenchon – de nous épargner les jérémiades sur l’identité nationale. Comme si le sentiment qu’il existe encore, malgré les heurts, les fractures, les déchirements, un creuset français, républicain, égalitaire, restait vivant dans l’inconscient national. A choisir, c’est l’hypothèse qu’il faut retenir, avec les précautions d’usage. La sociologie, disent certains, est un sport de combat. Mais le sport, pied de nez utile, est une sociologie de la concorde.

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 12 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/07/2018)

Libération 11 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Umtiti, un nom bien français

Un air de 1998 ? La comparaison vient naturellement sous la plume, qui renvoie à une autre finale, gagnée par un onze de France multicolore, une équipe «black-blanc-beur», censée incarner une nation métissée, multiculturelle, unie par ses valeurs de fraternité. Quelques années plus tard, Jean-Marie Le Pen se retrouvait au second tour de la présidentielle et, à peine plus tard, une émeute nationale ruinait les douces anticipations du «vivre ensemble» qui avait fait du football de Zizou l’annonce de la bonne entente nationale. Cette fois, on se méfie : surtout ne pas tirer de leçons hasardeuses des succès de l’équipe de France de Deschamps, tout aussi mélangée que celle de 1998, mais mauvaise augure politique. Dans le commentaire, «prudence petitpas»…

On a déduit des illusions de 1998 que le sport le plus populaire de France reflétait bien mal l’esprit du peuple, que le football était un monde à part, une bulle compétitive et friquée qui avait ses règles propres – une foot-bulle – bien loin des réalités sociales. Et d’ailleurs, la formule même de l’époque, diffusée par les médias – black-blanc-beur – portait en elle-même sa négation, puisqu’au lieu de fondre les différences, elle les juxtaposait, sur un mode communautaire, dans une fausse analogie, faisant du drapeau républicain le symbole d’un assemblage d’ethnies plus que l’emblème d’un creuset.

Et pourtant… Croit-on que le sport, finalement, ne signifie pas grand-chose, que cet événement national ne dit rien sur la nation ? Que ces joueurs d’exception sortent de nulle part, que la Coupe du monde n’est qu’un simple divertissement, au sens complet du terme, qu’il sert donc à divertir, autrement dit à détourner l’attention des réalités cruelles d’une société, fracturée, divisée, partagée entre groupes hostiles, bref un opium du peuple ou encore un haschich des bien-pensants, qui confondent dans un élan candide et trompeur onze joueurs et 67 millions d’habitants ? On se passionne pour Griezmann et Mbappé et on oublie le racisme et la discrimination (remarque de gauche) ou bien l’affrontement de cultures irréconciliables et le spectre du «grand remplacement» (remarque de droite ou d’extrême droite). A droite et à gauche, les obsédés de l’identité feront leur cette thèse, confortable dans son cynisme faussement réaliste.

La nouveauté, s’il y en a une, c’est que les millions de supporteurs qui ont envahi les rues et les places mardi soir se foutent comme de leurs premiers crampons de l’origine des joueurs de l’équipe de France. Pour une raison simple : vingt ans ont passé et, pour eux, la diversité est déjà une réalité admise, du haut en bas de la société. Ils agitent des drapeaux tricolores et chantent la Marseillaise, dans un patriotisme footballistique spontané et pacifique. Point de Blacks, de Blancs ou de Beurs : des attaquants, des défenseurs, des buteurs et des tacleurs. D’où qu’ils viennent, ceux-là sont les héros d’une saga inoffensive, qui réunit le pays. On pense à la chanson de Maurice Chevalier : «Et tout ça, ça fait d’excellents Français…», qui gagnent les matches et arrivent en finale.

Qui sont-ils ? Comme la majorité des footballeurs, des enfants des classes populaires, tout au plus des rejetons de la classe moyenne, depuis longtemps mélangés et donc «multiculturels» bien de chez nous. On glose sur les «territoires perdus de la République». Ils ne sont pas perdus pour l’équipe de France, qui recrute volontiers dans les cités et les quartiers difficiles, viviers du sport de masse. Du coup, la politique revient par la fenêtre. «Liberté, égalité, Mbappé», dit un supporter français nommé Moussa. Pour remplir en quelques minutes les Champs-Elysées, comme au soir du match contre la Belgique, il faut que la banlieue y soit aussi, pas seulement les habitants du VIIIe arrondissement. On vibre d’un élan unitaire dans les bistrots prolos comme dans les bars bobos.

Umtiti, né à Yaoundé, enfant de la banlieue lyonnaise, ou Mbappé, rejeton d’une famille camerounaise, né à Bondy, sont les héros du jour. Mais on n’y pense guère, comme dans un rêve. Délivrez-nous de l’obsession identitaire : c’est peut-être le message de cette Coupe du monde, comme on avait su gré à Macron pendant la campagne présidentielle – ou à Mélenchon – de nous épargner les jérémiades sur l’identité nationale. Comme si le sentiment qu’il existe encore, malgré les heurts, les fractures, les déchirements, un creuset français, républicain, égalitaire, restait vivant dans l’inconscient national. A choisir, c’est l’hypothèse qu’il faut retenir, avec les précautions d’usage. La sociologie, disent certains, est un sport de combat. Mais le sport, pied de nez utile, est une sociologie de la concorde.

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 11 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

Un effet secondaire du Brexit……………….(11/07/2018)

Logo Francetv info 23h02
Alerte info
Coupe du monde 2018 : du suspens (encore), de la bière (en l’air), un photographe (par terre)… Ce qu’il faut retenir de la victoire de la Croatie face à l’Angleterre
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans : ACTUALITES | le 11 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(11/07/2018)

Libération 10 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Boris dur et Theresa molle

La démission de Boris Johnson, l’excentrique leader des «brexiters», aussi fantasque que sa blonde chevelure, n’est qu’une péripétie dans l’interminable et surréaliste vaudeville qui se déroule en Grande-Bretagne, depuis que les électeurs ont décidé par référendum de sortir de l’Union européenne. Depuis cette date (il y a deux ans…), la classe dirigeante britannique est comme une poule qui a trouvé un couteau. Elle secoue la tête en tous sens en émettant des sons inarticulés qui lui tiennent lieu de politique. Entre «Brexit dur», «Brexit mou», «Brexit doux», «Sous-Brexit» «Simili-Brexit», elle tangue et roule comme un vaisseau fantôme qui a rompu ses amarres, sans capitaine, sans cap, sans carte et sans boussole. Dernière idée, présentée en comité restreint par Theresa May : une union douanière avec le continent, ce qui reviendrait à sortir de l’Union tout en y restant, tout en faisant semblant d’en sortir. Un «remain» maquillé en «leave».

A lire aussiBoris Johnson, le chaos avec ou sans moi

C’est que le monde patronal, voyant l’économie flancher peu à peu, paniqué à l’idée de voir se fermer son principal marché – qui se trouve de l’autre côté de la Manche – est pendu à la sirène de détresse sans savoir comment contourner le vote populaire. «Le rêve du Brexit meurt», dit Boris Johnson. Certes. Mais le rêve alternatif d’une «Grande-Bretagne mondiale», par lui agité, débouche sur un paradoxe qui devrait faire réfléchir tous les eurosceptiques du continent. On se plaint du libéralisme de l’Union et des oukases de Bruxelles. Mais le «Hard Brexit» prôné par le courant le plus nationaliste du Parti conservateur déboucherait, selon ses promoteurs, sur une déréglementation radicale de l’économie, dans le domaine fiscal comme dans le domaine social. On voit que le libéralisme recule… Il suppose aussi des accords de libre-échange avec les grandes nations du monde, à commencer par les Etats-Unis. Mais Trump fait lanterner les Britanniques et tient un cap résolument protectionniste. On se libère de Bruxelles et on s’arrime à Washington. Drôle de souverainisme, qui accroît la dépendance britannique au nom de l’indépendance… Gribouille à Westminster : pour échapper à la pluie continentale, on se jette tout habillé dans la mare atlantique.

Dernier gag en date : le joug européen, dénoncé par les brexiters, impose aux importations des normes sanitaires jugées dictatoriales. Si elle choisissait le «Hard Brexit», la Grande-Bretagne serait enfin libre de faire venir chez elles des myriades de poulets américains traités à l’eau de Javel, prohibés par les tyrans bruxellois. En proposant une union douanière, Theresa May renonce à cette liberté essentielle. On mesure l’étendue de sa trahison…

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 11 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

Cocorico……………………(11/07/2018)

L’équipe de France s’est qualifiée mardi pour la finale de la Coupe du monde en venant à bout des Diables rouges 1-0 dans un match rude.

  • Tout Bleus tout flamme vers la finale

C’est un joueur blessé, aux soins tous les jours depuis qu’il a posé le pied en Russie, qui a ouvert les portes d’une finale mondiale à l’équipe de France mardi à Saint-Pétersbourg : vainqueurs 1-0 d’une très forte sélection belge grâce à un but du défenseur Samuel Umtiti sur corner, les Bleus iront quérir dimanche à Moscou une seconde étoile symbolisant un deuxième sacre mondial contre l’Angleterre ou la Croatie, qui apparaissent l’une et l’autre moins talentueuses et moins solides que les Tricolores. Si le score minimal face aux Belges dit l’âpreté du combat, il ne raconte pas la mainmise des Bleus passée la première demi-heure, l’avant-centre Olivier Giroud ayant manqué quatre occasions d’éviter des sueurs froides aux copains. Après, dans le jeu, ça ne paye pas de mine. C’est justement le danger.

Partie d’échecs

Les Bleus étaient confrontés à deux équations inédites à l’échelle du Mondial russe : un adversaire qui les vaut sur l’addition des talents individuels et le coach de l’équipe d’en face, Roberto Martínez, qui n’avait aucune chance de traverser la partie les yeux fermés, à l’image de sélections argentine (4-3 pour les Bleus en 8e) ou uruguayenne (2-0 en quart) venues faire leur truc (le jeu pour les premiers, la destruction pour les seconds) face à Paul Pogba et consorts sans un regard pour ce que le sélectionneur tricolore, Didier Deschamps, boutiquait avec ses joueurs.

Une heure avant le match, badaboum : Martínez abandonne sa défense habituelle à trois défenseurs axiaux pour passer à quatre derrière (joueurs de côté compris), comme face au Brésil lors du tour précédent. Coup d’envoi : les quatre premiers duels aériens pour les Bleus, une cavalcade de Kylian Mbappé, les Belges mettent lourdement la main sur le match à coups de redoublements de passes (sans aucun danger pour les Tricolores) sur leur base arrière. Et l’équipe de France s’y est résolue, la partie d’échecs pouvait commencer. Basée sur un principe simple : se gagner de l’espace offensif et de la verticalité en laissant le ballon à l’adversaire. Ce qui, a contrario, oblige l’équipe qui le maîtrise à ne prendre aucun risque – une interception peut être mortelle – quand elle contrôle la sphère.

Donc, on a avancé piano. Essentielle dans cette configuration, la sûreté technique est belge, sans même parler des moments où leur star, Eden Hazard, a eu le ballon : deux minutes après que Varane a sorti d’un réflexe de la tête une frappe de Hazard sous la barre tricolore, le gardien des Bleus, Hugo Lloris, a dû décoller comme un avion de chasse dans sa lucarne droite (son bon côté) pour sortir une frappe de Toby Alderweireld (21e), faute de quoi… Lancé par Mbappé, Benjamin Pavard s’est présenté seul devant Thibaut Courtois, le portier belge : extraordinaire parade de la jambe droite du double mètre de Chelsea (39e). 0-0 aux citrons. Les Bleus ont souffert.

Pour autant, au décompte des opportunités de marquer, et c’est bien la seule chose qu’il faille compter dans un contexte aussi fourbe et mensonger (prends le ballon, j’en veux pas), l’équipe de France est à touche-touche. Après six minutes de jeu en seconde période, elle n’en est plus là : Olivier Giroud et sa grosse caisse ont obtenu un corner qu’Antoine Griezmann a expédié sur la tête de Samuel Umtiti au premier poteau (1-0, 51e). Tout a basculé là : le score, la bataille des espaces (les Belges sont obligés d’aller vers l’avant, donc d’en laisser) et même le momentum, Mbappé ­alignant ensuite les talonnades comme s’il participait à un concours d’habileté sur la dalle du ­Trocadéro.

La croix et la bannière

Les Bleus avancent depuis trois semaines avec un truc en tête : pour leur mettre un pion alors qu’ils ont un but de plus, c’est la croix et la bannière. On s’est penché sur cet art délicat de la fermeture des espaces : tout le monde s’y colle, même Giroud, ils y mettent énormément de concentration et d’intensité quand l’adversaire passe par les airs et on cible minutieusement les éléments d’en face les plus dangereux sur leur qualité, le pied droit de Kevin De Bruyne quand celui-ci repique dans l’axe par exemple (trois joueurs lui sautent alors dessus), ou encore le jeu aérien de Marouane Fellaini (Paul Pogba à ses basques sur chaque action).

On ne dédaigne pas, aussi, passer plus de temps que nécessaire à se rouler dans le gazon russe, histoire d’entendre plus à son aise l’aiguille des secondes. A deux ou trois actions confuses près, le plus gros frisson tricolore aura été l’annonce des arrêts de jeu : six minutes. On s’est dit que ça allait être long. Même pas. Griezmann puis Corentin Tolisso se sont créé les deux plus belles opportunités. Des monstres.•

Grégory Schneider Envoyé spécial à Saint-Péterbourg

Publié dans : ACTUALITES | le 11 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

Jonas tel qu’en lui-même………………….(10/07/2018)

En voulant permettre au président de la République de dialoguer avec les parlementaires, comme le fait déjà le Premier ministre, Macron poursuit le détricotage de la Constitution engagé par Chirac et Sarkozy.

Deux morts avec une seule balle ! Il fallait le faire… Emmanuel Macron vient de s’y employer. S’il parvient à obtenir une révision de la Constitution incluant l’amendement qu’il a dévoilé lundi 9 juillet devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, il aura réussi à tuer à la fois la fonction du Premier ministre et celle du président de la République, telles qu’elles sont définies dans la Constitution de 1958.

Sous la Ve République, dans l’esprit de ses fondateurs, il revient au  Premier ministre, chef de la majorité et responsable devant le Parlement, de gouverner et de ferrailler avec les élus dans l’Hémicycle. Le président, lui, définit l’orientation de la politique et s’occupe du domaine « réservé », international, défense, etc… Et il est protégé des basses querelles parlementaires par son « fusible » de Matignon. Bien sûr, avec l’instauration du quinquennat, la coïncidence parfaite entre l’élection présidentielle et les élections législatives, l’accélération du temps politique et l’américanisation de la société, voilà belle lurette que la pratique a évolué et que le président, omniprésent, se « matignonise » en gouvernant lui-même.

 

 

Bricolage institutionnel

De là à passer de l’Olympe à la basse-cour… C’est pourtant ce pas-là que Macron vient de franchir allègrement, dans le but de piéger Jean-Luc Mélenchon et lui ôter l’argument du monarque tout-puissant. Mais à changer la Constitution par tactique politique, on prend souvent de grands risques à long terme. L’an prochain, une fois cette réforme adoptée, le chef de l’Etat pourra donc s’adresser aux parlementaires au Congrès, écouter la réponse des différents orateurs et leur répondre à son tour. Pour peu qu’il y ait au menu quelques sujets qui fâchent, il pourrait aussi se faire siffler et huer… comme un vulgaire Premier ministre. Non seulement, le chef de l’Etat remplacera alors le chef du gouvernement, mais il contribuera à désacraliser la fonction présidentielle. Un comble pour celui qui a voulu rétablir la verticalité du pouvoir !

En tout cas, la cohérence voudrait qu’Emmanuel Macron aille au bout de la logique, autrement dit qu’il mette en place, ou bien, un véritable régime parlementaire, ou bien, un véritable régime présidentiel. Voilà qui aurait le mérite de la clarté et mettrait un terme à ce bricolage institutionnel incessant qui a fini par produire un système bâtard.

Mais, dans les deux cas, il devrait évidemment renoncer à son droit de dissolution de l’Assemblée nationale. Pas plus que Nicolas Sarkozy en 2008, lorsqu’il avait modifié la Constitution pour autoriser le chef de l’Etat à s’exprimer devant le Congrès, Emmanuel Macron ne semble songer à se passer de cette arme absolue pour calmer les députés rebelles… Le dialogue, oui. Le désarmement, non.

Carole Barjon

L’OBS
Publié dans : Non classé | le 10 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

Le Congrès du roitelet……………………(10/07/2018)

Emmanuel Macron a retrouvé les ors de Versailles. Un an après son discours devant les parlementaires, le président de la République a retrouvé le Congrès, lundi 9 juillet, pour rappeler le cap de son mandat.

M. Macron a commencé, peu après 15 heures, par revenir sur les élections de 2017, affirmant ne pas avoir oublié « les peurs, les colères accumulées pendant des années, qui ont conduit notre pays à ce choix ». Ces peurs « n’ont pas disparu en une année », a-t-il dit, avant de saluer les « chantiers d’une ampleur jamais vue » engagés par les députés et les sénateurs depuis son arrivée au pouvoir il y a un an.

Retrouvez l’intégralité   du discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès

Il a ensuite passé en revue plusieurs dossiers et fait quelques annonces, voici les principales :

  • Répondre aux parlementaires

Emmanuel Macron a annoncé vouloir déposer un amendement à la réforme constitutionnelle afin qu’il lui soit permis, dès l’année prochaine, de rester au Congrès pendant les débats parlementaires suivant son allocution – le président a promis l’an dernier de revenir chaque année devant le Congrès.

M. Macron entend ainsi répondre « aux pires reproches » faits « à cette procédure » alors que certains parlementaires ont choisi de boycotter le rendez-vous, dénonçant une rencontre « surfaite » ou encore un exercice « autocratique, monarchique ». Le format actuel du Congrès, qui veut que le président quitte les parlementaires après son allocution, a été acté lors d’une réforme soutenue par Nicolas Sarkozy, en 2008.

Lire :   Ces élus qui boycottent le Congrès d’Emmanuel Macron

La révision constitutionnelle doit être examinée à partir de mardi en première lecture dans l’hémicycle de l’Assemblée.

  • Construire l’Etat providence du XXIe siècle

Le rendez-vous précédemment annoncé avec les principales organisations patronales et syndicales, prévu le 17 juillet, doit permettre de « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre », a déclaré Emmanuel Macron.

« C’est à son élaboration comme au détail de sa mise en œuvre que je veux les inviter », a-t-il ajouté, précisant vouloir aborder « la réforme de l’assurance chômage ou la santé au travail » dans « un esprit constructif ».

Lire aussi :   Les « transformations » voulues par Macron tardent à voir le jour

  • Dépenses publiques : faire des « choix forts » pour serrer la vis

M. Macron a promis « des choix forts et courageux » pour engager la baisse des dépenses publiques, qui seront annoncés « dans les prochaines semaines » par le premier ministre.

« Tout le monde souhaite la baisse des impôts (…), mais nul ne veut jamais les assumer lorsqu’elles sont décidées, a-t-il fait valoir. Il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l’investissement sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses ».

La France a officiellement quitté à la fin juin la procédure pour déficit excessif qui était ouverte contre elle depuis 2009 par la Commission européenne.

Cette baisse des dépenses « s’accompagnera d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion », a affirmé le président. « D’ici la fin de l’année, le premier ministre présentera l’ensemble de ces décisions pour la transformation indispensable de l’action publique », a-t-il insisté.

  • Refondre le régime des retraites

A quelques mois de la réforme des retraites voulue par le président, « faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur », a tenu à dénoncer le chef de l’État.

Comprendre :   qu’est-ce que la pension de réversion ?

« Dès 2019 nous refondrons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières sont hachées, instables, atypiques », ce qui concerne « bien souvent les carrières des femmes », a-t-il déclaré devant le Congrès.

« Rien ne changera pour les retraités d’aujourd’hui », a-t-il affirmé, déclenchant des exclamations dans les rangs des parlementaires.

  • Mise en œuvre du plan pauvreté en 2019

Reporté à la rentrée par le gouvernement, le plan pauvreté, sera présenté « en septembre » et mis en œuvre « en 2019 », a confirmé Emmanuel Macron, en promettant « un accompagnement réel vers l’activité » pour les personnes « les plus fragiles ».

« Elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d’investissement et d’accompagnement social. Non pas de nouvelles aides, en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l’activité », a-t-il ajouté.

La présentation du plan pauvreté, issu d’une concertation lancée en grande pompe à la fin 2017, devait initialement être faite le 10 juillet. La semaine dernière, elle a été reportée à la rentrée, suscitant la déception et les critiques des associations.

  • Donner un « cadre » à l’islam dès l’automne

« La République n’a aucune raison d’être en difficulté avec l’islam », a affirmé Emmanuel Macron, soulignant que « dès l’automne, un cadre et des règles » seront donnés à ce culte, « garantissant qu’il s’exercera partout de manière conforme aux lois de la République ».

Lire aussi :   Collomb et Philippe pressent les responsables musulmans d’agir

M. Macron avait confié en février son intention de « poser les jalons de toute l’organisation » de la deuxième religion de France. A la fin juin, le gouvernement a annoncé le lancement « d’assises territoriales » destinées à réformer l’organisation de ce culte ainsi que son financement. Cette « grande concertation » devra être organisée par chaque préfet « d’ici au 15 septembre », en vue d’améliorer la représentation institutionnelle du culte musulman, le financement des mosquées et la formation des imams et aumôniers.

  • Appel à la « solidarité » européenne pour répondre à la crise migratoire

Alors que l’Europe est secouée par une intense crise diplomatique à propos de la question migratoire ces dernières semaines, M. Macron a affirmé que « ce sujet ne peut être réglé ni dans l’émotion, qui crée la confusion, ni dans la fermeture et le repli nationaliste ».

« Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire », a insisté le président, qui a été au centre d’une violente passe d’armes avec l’exécutif italien avant l’accord sur la gestion des flux migratoires arraché par les 28 Etats membres de l’Union européenne fin juin à Bruxelles.

« L’essentiel de nos réponses passe par un renforcement de nos frontières communes en Europe et par une politique de responsabilité et de solidarité au sein de l’Europe », a ajouté le chef de l’Etat.

Et de souligner :

« Jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent, qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l’Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers » non admis en France.

M. Macron a ainsi affirmé que la « véritable frontière en Europe » était celle qui sépare « progressistes » et « nationalistes » et que leur affrontement serait au cœur des élections européennes de 2019. « Ce sera difficile, mais le combat est clairement posé », a-t-il déclaré.

Lire aussi :   Les migrants, thème déjà central des élections européennes

  • Macron se défend d’appliquer une politique pour « les riches »

Assurant vouloir défendre par sa politique « les entreprises » et « non pas les riches », le chef de l’Etat a assuré qu’il n’aimait « ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges ».

Comprendre :   Les mesures de la première année d’Emmanuel Macron avantagent-elles vraiment les plus riches ?

« Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches. C’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics », a-t-il déclaré, tandis qu’il est accusé par ses opposants d’être « le président des riches ». « Il est mensonger de vouloir défendre les salariés si l’on ne défend pas les entreprises », a ajouté M. Macron, justifiant les réformes fiscales mises en place depuis un an par la nécessité de renforcer la compétitivité de la France.

Lire aussi :   Un an après son élection, Emmanuel Macron tient-il ses promesses de campagne ?

Le Monde.fr

Publié dans : Politique | le 10 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

Oral de rattrapage…………………….(09/07/2018)

Alors qu’il chute dans les sondages d’opinion, Emmanuel Macron a reproduit l’exercice de l’été dernier au château de Versailles.

Un oral de rattrapage ? C’est de saison : Emmanuel Macron a convoqué les 925 parlementaires français au château de Versailles, ce lundi 9 juillet, pour assister à son deuxième discours du Congrès. Alors que le chef de l’Etat traverse une passe difficile dans l’opinion, il a fait face à plus de sièges vides que l’an dernier : outre les députés « insoumis », qui boycottent une nouvelle fois l’événement, plusieurs figures de l’Assemblée nationale, dont le hamoniste Régis Juanico, la socialiste Marie-Noëlle Lienemann, plusieurs députés LR et même un député LREM, le Morbihannais Paul Molac, ont décidé de passer leur tour.

Parmi les raisons souvent affichées : le coût de l’organisation, estimé à hauteur de 286.000 euros selon « le Parisien », mais aussi la dimension verticale voire « monarchique » de l’exercice.

Publié dans : ACTUALITES | le 9 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………..(09/07/2018)

Libération 09 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’entêté de Versailles

Trop long, comme toujours. Ainsi que dirait Audiard : c’est curieux, chez Macron, ce besoin de faire des phrases… Une heure et demie de discours devant le Congrès réuni à Versailles. Pour un président concentré sur les grandes orientations du pays, voilà une prolixité contre-productive, comme s’il fallait conjurer par l’abondance des mots les critiques et les déceptions exprimées dans le pays. Comme si, au passage, il n’y avait plus de Premier ministre, puisqu’on a assisté au double développement d’un plaidoyer touffu sur l’action passée et d’une description détaillée de la politique à venir, habituellement dévolues au chef du gouvernement. Un chef réduit au rôle ingrat d’exécutant transparent du plan tombé de l’Olympe.

«Je suis humble», dit le président. On pense au mot de Sacha Guitry : «en matière de modestie, je suis imbattable». Celui qui proclame son humilité se met d’autant plus en valeur. Mais au fond, l’intention est bonne. Laissons ce point au président.

Plus sérieux : dans ce mélange de mea culpa et de profession de foi, un point retient l’attention, sur lequel le président s’accroche comme à un credo. Macron n’est pas le «président des riches», dit-il, mais celui qui veut mettre fin aux «inégalités de destin». Louable volonté : c’est un fait que l’inégalité des chances s’est enkystée en France, malgré les efforts de tant de gouvernements. Qui peut se plaindre qu’on tente d’arracher chacun à l’assignation sociale née de son origine, de favoriser la mobilité sociale, de «réparer l’ascenseur social». Chaque homme du rang, tel le soldat de l’an II, a son bâton de maréchal dans sa giberne : quoi de plus républicain ? Mais cet appel à l’émancipation individuelle s’oppose, bien sûr, à l’égalitarisme socialisant du «vieux monde». Aide-toi et la société t’aidera : voilà qui économisera «un pognon de dingue».

Problème : tout le monde ne peut pas être «premier de cordée», même si cette place enviable est ouverte à tous. Macron raisonne comme si, pour ne plus être le «président des riches», mais celui de tous les Français, il suffisait que tous les Français deviennent riches. Version «en marche» du rêve américain, qui est un mythe utile, mais un mythe tout de même. Le bon vieux socialisme professait à l’inverse que chacun, quelle que soit sa place dans la société, en bas, en haut ou au milieu, avait droit à une protection, une dignité, une sécurité, quand bien même ses rêves d’ascension, d’enrichissement, seraient déçus. Il remarquait aussi que «l’inégalité de destin» était souvent déterminée par l’inégalité tout court, celle de la situation d’origine, et que réduire la deuxième, c’était aussi combattre la première. Bref, qu’une politique égalitaire englobait tout l’être social, et pas seulement la capacité à échapper au déterminisme de classe. Mais c’était, il est vrai, la naïve ambition du vieux monde… Place à la compétition, à la concurrence, à la course implacable vers le sommet, du moment que tous soient sur la même ligne de départ. Libéralisme contre social-démocratie : on n’en sort pas.

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 9 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »

Une quête pour la Marine…………….(09/07/2018)

Logo Francetv info 16h38
Alerte info
Affaire des assistants d’eurodéputés : les juges retiennent 2 millions d’euros d’aide publique destinés au Rassemblement national (ex-FN)
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans : "AFFAIRES" | le 9 juillet, 2018 |Pas de Commentaires »
12345...1276

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente