Un homme à la mer…………………..(10/12/2018)

 

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Macron sort son gilet de sauvetage

Par Lilian Alemagna et Dominique Albertini — 10 décembre 2018 à 21:56
Lors de l’allocution télévisée du Président, lundi soir.<br /><br /><br />
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Lors de l’allocution télévisée du Président, lundi soir. Photo Albert Facelly pour Libération

Mettant fin à son silence lundi soir, le Président a notamment annoncé 100 euros supplémentaires pour les salariés au smic et une annulation de la hausse de la CSG pour les retraités modestes.

Pouvoir d’achat et démocratie directe : les deux principales revendications des gilets jaunes ont trouvé un écho, lundi soir, dans la très attendue intervention d’Emmanuel Macron. Trois semaines après les premières actions des gilets jaunes, deux semaines après sa dernière allocution sur le territoire national, le chef de l’Etat s’est exprimé durant treize minutes depuis l’Elysée. Première cible des manifestants, pressé par son camp d’éteindre la contestation à coup de «mesures fortes», il a annoncé plusieurs gestes fiscaux envers les salariés et des retraités – sans préciser par quelles économies il financerait ces mesures. Et tentera, dans les prochains mois, de canaliser la colère sociale dans un large «débat national» embarquant aussi bien les questions fiscales et écologiques que la recherche d’une incertaine «identité profonde» du pays.

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Un changement de ton et de méthode évident pour l’exécutif, qui a longtemps exclu tout effort supplémentaire sur le pouvoir d’achat, et s’était vu reprocher son «mépris» et son «centralisme» vis-à-vis des Français modestes et des territoires. Mais pas un changement de programme pour le quinquennat, a fait entendre Emmanuel Macron, qui a pris soin d’évoquer «la réforme profonde de l’Etat, de l’indemnisation chômage et des retraites» parmi ses priorités des prochains mois.

Ce qu’il dégaine

Un coup de pouce au smic de «100 euros» mais «sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur». Ce qu’il avait promis de faire sur la durée quinquennat, Emmanuel Macron veut l’accomplir en 2019. L’effort irait donc au-delà de la revalorisation légale prévue pour janvier 2019, et chiffrée à 1,8 % par le Premier ministre. Cette hausse prendrait la forme d’une nouvelle revalorisation de la prime d’activité. Le projet de budget pour 2019 prévoyait déjà, pour une personne au smic, une «bonification» de 30 euros versée à partir de juin. Autre annonce du chef de l’Etat : la défiscalisation des heures supplémentaires. Cette mesure ne figurait pas au programme de Macron, qui ne s’était engagé qu’à supprimer, à l’automne 2019, les cotisations salariales sur ces heures supplémentaires. Le Président reprend donc un mécanisme popularisé en son temps par Sarkozy et qui avait bénéficié à 9,5 millions de salariés pour un gain annuel de 450 euros. La mesure avait été enterrée par Hollande à peine arrivé au pouvoir.

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Le chef de l’Etat a également demandé, «à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés» sur laquelle l’Etat ne prélèvera «ni impôt, ni charge». Idée à laquelle le Medef avait souscrit d’avance… à condition que le versement ne soit pas obligatoire. Enfin, Macron fait une fleur aux petits retraités touchés par la hausse de 1,7 point de CSG. Le chef de l’Etat a dit vouloir «annuler» cette augmentation subie au 1er janvier 2018 pour les retraités «qui touchent moins de 2 000 euros par mois». «L’effort demandé était trop important et il n’était pas juste», a-t-il concédé. Son Premier ministre avait déjà prévu des corrections pour 300 000 petits retraités.

Ce qu’il maintient

Annoncé en septembre, le coup de rabot sur les retraites reste au programme : Macron n’est pas revenu sur le quasi-gel des pensions pour les deux années à venir. Comme prévu, celles-ci ne seront plus indexées sur l’inflation, mais augmenteront d’à peine 0,3 % en 2019 et 2020. Le Président ne reviendra pas non plus sur les mesures accordées aux plus aisés : pas de rétablissement de l’ISF. «Pendant près de quarante ans, il a existé, a-t-il justifié. Vivions-nous mieux durant cette période ? Les plus riches partaient. […] Revenir en arrière nous affaiblirait alors même que nous sommes en train de recréer des emplois dans tous les secteurs.» Le chef de l’Etat n’a pas dit non plus s’il ferait appel aux entreprises pour financer les mesures de pouvoir d’achat. Pas de mention, dans son intervention des aides aux entreprises (lire page 6) qui doivent bénéficier en 2019 d’une «double dose» de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), et d’une diminution de 4 points de cotisations patronales au niveau du smic. Ces trois mesures, au cœur de la politique de l’offre promue par le chef de l’Etat, seraient pourtant sources de recettes et d’économies pour le gouvernement : 3 milliards d’euros pour le retour de l’ISF, 20 milliards pour le «double» CICE. Y toucher marquerait, pour le coup, un vrai tournant.

Ce qu’il promet

Un débat de trois mois, «au plus près du terrain», pour associer les citoyens à la transition énergétique : faite par Macron le 27 novembre, l’annonce n’avait eu aucun effet sur la mobilisation des gilets jaunes. Reprenant l’idée, il l’a portée lundi à un autre niveau d’ambition: le débat «doit être beaucoup plus large», a-t-il tranché, invitant les Français à délibérer des sujets les plus divers. Outre le changement climatique, le logement, le transport, il a rangé parmi eux de possibles réformes institutionnelles, comme la «prise en compte du vote blanc» ou une «loi électorale plus juste». Le Président veut aussi mettre en débat «l’organisation de l’Etat […] sans doute trop centralisé depuis des décennies, et la question du service public».

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Désireux enfin de «mettre la nation en accord avec elle-même», Macron veut inclure dans les thèmes de la concertation l’«identité profonde» du pays, proposant aux Français de traiter par le débat «la question de l’immigration» : «Il nous faut l’affronter», a-t-il conclu, sans craindre la comparaison avec un débat de même nature organisé sous Nicolas Sarkozy. Celui-ci avait donné lieu à une intense polémique et à plusieurs débordements verbaux autour de «l’identité nationale». S’il souhaite en assurer la «coordination», c’est aux maires que Macron veut déléguer l’animation de ce débat, se disant prêt à les «rencontrer région par région pour bâtir le socle de notre nouveau contrat».

Lilian Alemagna , Dominique Albertini

  • Intervention télévisée du Président lundi soir.Un président en quête de justesse sociale
  • Photo d'écran lors de l'intervention d'Emmanuel Macron lundi soir.Philippe Aghion : «C’est un vrai virage social»
  • Nice le 10/12/2018 Laurie , Joel , René, Eric et Christine dans un bar de Nice ecoutent les annonces d'Emmanuel Macron à la télévisionGaëtan 34 ans : «On ne veut plus de lui ni de ce gouvernement»
  • Un groupe regarde l'allocution présidentielle, lundi soir, dans un bar de Nice.Discours de Macron : «Quel suspense, on se croirait dans « The Voice », est-ce qu’on va tourner notre siège ?»
Un mot à ajouter ?
 
  • Lors de l’allocution télévisée du Président, lundi soir.
    Photo Albert Facelly pour Libération

 

Publié dans : Non classé | le 11 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Il a pioché dur le Jonas………………(10/12/2018)

Les quatre mesures annoncées ce soir par Emmanuel Macron devraient coûter entre 8 et 10 milliards d’euros selon les premières estimations du gouvernement.

Entre 8 et 10 milliards d’euros. C’est ce que devraient coûter aux finances publiques les mesures en faveur du pouvoir d’achat annoncées ce soir par le président de la République. C’est l’estimation qu’a fait sur BFMTV Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Action et des Comptes Publics.

L’Elysée n’a pas donné les détails concernant cette estimation du montant. Néanmoins, la seule mesure concernant la défiscalisation des heures supplémentaires pourrait coûter à elle seule aux alentours de 4 milliards d’euros aux finances publiques. C’est en tout cas, ce qu’a coûté selon l’OFCE cette mesure en 2011 cette mesure qu’avait mis en place à l’époque Nicolas Sarkozy.

A cela il faut ajouter le coût de la mesure sur l’annulation de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2000 euros par mois. Cette mesure non chiffrée par le gouvernement sera probablement la plus coûteuse de celles annoncées ce soir par Emmanuel Macron. Le coût de cette mesure s’élèverait donc à plusieurs milliards d’euros.

Un effet d’aubaine pour la prime de fin d’année?

Difficile en revanche d’estimer la hausse de 100 euros net des salariés au Smic. Cette mesure qui reposerait principalement sur la hausse de la prime d’activité n’a pas encore détaillée par l’exécutif. Mais actuellement, ce dispositif aurait coûté aux alentours de 6 milliards d’euros aux finances publiques pour l’année 2018.

Enfin reste la prime de fin d’année défiscalisées promise par Emmanuel Macron. Cette mesure est pour l’heure la grande inconnue des annonces. Quel sera le plafond de cette prime? Combien d’entreprises la distribueront réellement? Si cette mesure serait en théorie indolore pour les finances publiques (il ne s’agit pas d’une exonération de charge sur un salaire existant), elle pourrait être au final plus coûteuse si les entreprises profitent de cette aubaine pour transformer en prime défiscalisée des augmentations de salaires.

>> Plus d’informations à venir sur BFMTV.com dans quelques instants.

>> Retrouvez également le direct de BFMTV en vidéo et suivez-nous sur Twitter.

Publié dans : Non classé | le 11 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Déchet nucléaire ? (10/12/2018)

  07h29
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Vous nous l’avez signalé grâce à #AlertePollution : à Angoulême, un produit cancérigène repéré dans les sols il y a plusieurs années remonte à la surface
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Publié dans : Non classé | le 10 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Les lycéens dans le coup……………(10/12/2018)

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Entre 100 et 120 lycées sont perturbés ce matin dans toute la France, dont 40 totalement bloqués, annonce le ministère de l’Education nationale
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Publié dans : Non classé | le 10 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Reculade dans la peur………………….(09/12/2018)

politique, changer de style… Sans pour autant se renier.

Comment se remanier sans se renier ? C’est l’exercice difficile auquel est confronté le président de la République. Il va, à coup sûr, parler dès demain soir. Si possible sur des grandes chaînes populaires, afin de toucher cette France profonde qui s’est mise à le détester avec une forme de rage inédite. Car, malgré le caractère peu démocratique du mouvement des « gilets jaunes », pour ne pas dire pire, l’opinion publique continue à y voir avant tout l’expression de son rejet d’Emmanuel Macron.

Le président doit donc parler aux « gilets jaunes », mais pas seulement. Il doit « toucher », au sens affectif du terme, l’ensemble du pays. Et ce n’est pas gagné. Pour avoir une chance de sortir la France de cette dérive émeutière et protéger nos institutions, il doit opérer une transformation de lui-même. Tous autour de lui ne sont pas de cet avis. Certains de ses proches le poussent à choisir un bouc-émissaire en la personne d’Edouard Philippe, de lui faire porter le chapeau de ce chaos et de le congédier manu militari.

Les 80 km/h ? C’est lui. Le prélèvement à la source ? Encore lui. L’inflexibilité face aux revendications des rebelles des ronds-points ? Toujours lui, cet Edouard Philippe enfin démasqué, ce sous-marin de la droite, disciple d’Alain Juppé rêvant de la chute du prince des start-up. Lui et son complice, Gérald Darmanin, voués aux gémonies, livrés en pâture à la foule hurlante ? Ils seraient tombés dans les filets des grands prêtres de l’orthodoxie budgétaire de Bercy. Les malheureux seraient devenus les sujets dociles de ce Leviathan budgétaire, au seul service des puissants.

Examen de conscience

On pousse donc le président à opérer un grand chambardement gouvernemental. Objectif ? L’amener à opérer un recentrage de sa politique vers son point d’équilibre naturel, le centre gauche. L’oracle François Bayrou n’est pas le dernier à avancer ce scénario. Mais sera-t-il vraiment crédible ? Car Emmanuel Macron, bien qu’il tente de se faire oublier depuis plusieurs jours, ne peut échapper à une forme d’examen de conscience.

Sa pratique plus que verticale du pouvoir, son incapacité à déléguer à ses propres députés l’élaboration des moindres textes de loi, sa boulimie de défense de sa propre image, comme si, quelque part, lui-même ne se sentait pas légitime, le conduisent forcément à se remettre en question lui-même. Ce n’est jamais la chose la plus facile.

Il va forcement lâcher du lest social, revalorisation du SMIC, réaménagement de l’ISF, et quelques autres mesures pour apaiser la colère d’en bas. Il devra aussi relancer un grand débat autour du thème de l’aménagement du territoire, pour sortir une immense partie du pays de l’isolement et de la désertification. Pourquoi pas un grand plan, comme Rocard l’avait fait en son temps ?

Mais il faudra qu’il apprenne à occuper la fonction autrement, dans un style moins carnavalesque, moins grandiloquent, plus humble, plus mesuré ; et surtout plus discret. Emmanuel le Fougueux doit retrouver l’essence de la fonction présidentielle, celle d’un rôle d’arbitre. C’est à cette seule condition qu’il pourra siffler la fin de cette partie si périlleuse pour notre République. En a-t-il la volonté ? Et en est-il capable ?

Serge Raffy

Serge Raffy
L’OBS
desirdavenir77500
Publié dans : Non classé | le 9 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Et les problèmes sont résolus…………….(09/12/2018)

  08h46
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« Gilets jaunes » : le ministère de l’Intérieur recense un total de 1 723 interpellations, dont 1 220 gardes à vue en France hier
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Publié dans : Non classé | le 9 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Et l’aviation ? (08/12/2018)

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« Gilets jaunes » : des véhicules blindés de la gendarmerie se déploient dans plusieurs points stratégiques de Paris
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Publié dans : Non classé | le 8 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Manifs………………………..(08/12/2018)

Un mouvement qui se radicalise, des lycéens qui font monter la pression, des forces de l’ordre qui se préparent au pire et un pouvoir qui ne cache pas ses inquiétudes : «l’acte IV» de la mobilisation des gilets jaunes ce samedi est précédé de craintes de violences extrêmes.

  • Paris brûlera-t-il ?

C’est le week-end de toutes les peurs. Gouvernement, forces de l’ordre, élus de tous bords, mais aussi des habitants, tous craignent que Paris ne redevienne un vaste champ de bataille. Vendredi, la capitale se calfeutrait, presque résignée à encaisser les affrontements. Commerces bunkérisés, concerts annulés à Bercy, matchs de foot reportés, tout a été entrepris pour réduire au maximum le nombre d’événements à sécuriser. Objectif : ne pas disperser les forces de l’ordre, et les focaliser sur la canalisation des manifestants qui afflueront samedi. Il faut dire que les différentes synthèses des services de renseignement n’incitent pas à l’optimisme. De nombreux radicaux – peut-être plusieurs milliers – envisagent de se rendre à Paris avec la ferme intention de «porter l’assaut final» sur le palais de l’Elysée. Dans une interview vendredi au Parisien, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, n’excluait pas que «des armes à feu puissent circuler» du côté des manifestants. Mercredi, c’est la présidence de la République qui redoutait «qu’un noyau ne vienne dans Paris pour casser et tuer». Une communication maximaliste, destinée à intimider et à dissuader les contestataires pacifiques de gagner Paris. De façon préventive, les services de voirie et de la préfecture ont procédé à un tamisage des rues de la capitale, retirant les grilles métalliques disposées au pied des arbres. De nombreux chantiers ont été vidés, et des plaques de goudron ont été apposées par endroits sur les pavés. En clair, Paris est en état d’alerte maximale.

Paris, le samedi 1er décembre : 9 heures sur les Champs Elysées.Samedi dernier, dans le quartier des Champs-Elysées

Un dispositif inédit

Pour faire face à cette atmosphère apocalyptique, le ministère de l’Intérieur a réquisitionné presque 100 % de ses effectifs disponibles. Les chiffres sont d’ailleurs à peine croyables : 89 000 policiers et gendarmes seront mobilisés ce samedi en France, dont 8 000 à Paris. Seize commissariats seront exclusivement dédiés aux gardes à vue. Une douzaine de véhicules blindés venus du camp de Versailles-Satory seront déployés dans la capitale, une première. Leur dernière sortie en France remonte au démantèlement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en avril. Ces engins, «ce n’est pas l’armée, ce ne sont pas des chars, ce sont des moyens spécialisés de la gendarmerie nationale qui permettent notamment de dégager les barricades», a tenté de dédramatiser le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en conférence de presse vendredi. Très critiqué après l’échec du maintien de l’ordre du week-end précédent, le ministre a aussi annoncé une réadaptation tactique. Exit le dispositif type «fan zone» avec 4 000 policiers massés sur les Champs-Elysées pour établir un coffre-fort étanche, dans lequel les manifestants étaient invités à entrer. La présence de nombreux casseurs samedi dernier a très largement débordé ce «verrou», incapable, par sa rigidité, de s’adapter à la mobilité des émeutiers. Cette fois-ci, des unités très mobiles seront disséminées dans Paris, comme la brigade anticriminalité (BAC) ou 70 policiers de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) dans sa formation civile. L’idée est d’aller au contact et de procéder à de nombreuses interpellations avant que d’importantes dégradations ne soient commises. Pour les autorités, il est hors de question de revoir des images catastrophiques du saccage de l’Arc de triomphe.

Paris, le samedi 1er décembre : 9 heures sur les Champs Elysées.

Les ultras attendus

Quid de la part des ultras parmi les gilets jaunes ? Pour expliquer les violents heurts du week-end passé, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait affirmé que des casseurs s’étaient vêtus d’une chasuble fluorescente «pour se camoufler». Leur nombre ? Environ 3 500. Le même scénario est fortement envisagé pour ce samedi. Certains leaders de groupuscules d’ultradroite ont renouvelé leurs appels à porter l’estocade à Paris. Quant à l’ultragauche, il fait peu de doute qu’elle sera elle aussi présente en nombre. Vendredi, lors de sa conférence de presse, Christophe Castaner n’a en outre pas «exclu» la présence de militants radicaux venus de l’étranger. Le ministre de l’Intérieur a même déclaré que «des personnels de l’Arc de triomphe disent avoir vu un Allemand et un Portugais casser au sein du monument». En conséquence, le procureur de Paris a pris des réquisitions autorisant 800 agents de la force publique «à procéder à des contrôles d’identité et des fouilles de bagages sans justification de soupçons». Les trains à destination de Paris, les abords des gares ainsi que les stations de péages proches de la capitale seront particulièrement scrutés.

Lycées et banlieues : les inconnues

Tous les lycées parisiens seront fermés ce samedi, les parents ont été avertis par mail. Consigne du rectorat, en accord avec la préfecture de police. Il n’était pas question de prendre ce risque, d’autant que cela aurait nécessité de mobiliser des CRS aux abords des établissements. Y aura-t-il beaucoup de lycéens dans le cortège ? Difficile de pronostiquer. Les syndicats lycéens n’appellent pas à manifester, mais leur influence sur le mouvement reste limitée. Le vice-président de la Fidl (syndicat lycéen minoritaire) Marouane Majrar redoute «qu’arrivent en force des jeunes de quartiers. Nos comités locaux de Seine-Saint-Denis, du Val-d’Oise et du Val-de-Marne disent que les jeunes veulent venir casser, les banlieues ont un vrai engouement pour la mobilisation des gilets jaunes. Le risque existe». Surtout que cette vidéo montrant des lycéens de Mantes-la-Jolie (Yvelines), agenouillés mains sur la tête par des policiers, alimente un fort sentiment de colère envers les forces de l’ordre (lire notre article sur la mobilisation lycéenne et notre reportage à Mantes-la-Jolie). Etienne Arnould, professeur d’histoire-géo au lycée Louise-Michel à Bobigny n’a lui aussi «pas l’impression que les lycéens de banlieues vont massivement se joindre à la manifestation des gilets jaunes». Autre inconnue : la participation de jeunes venus des quartiers populaires du pourtour parisien. Formellement, le comité Adama, dont l’objet est de lutter contre les violences policières et le racisme, appelle les habitants des communes périphériques à converger vers Paris. Rendez-vous est donné avec le groupe Action antifasciste Paris-banlieue, à 10 heures à Saint-Lazare.

La com hésitante du gouvernement

Une «réunion de crise» à Matignon, vendredi après-midi ? L’entourage du Premier ministre a dû démentir la rumeur : rien de plus, assure-t-on, qu’un rendez-vous «de travail» avec quelques ministres pour préparer le grand débat sur la fiscalité promis par Edouard Philippe, censé débuter le 15 décembre partout sur le territoire. Le Premier ministre passera la journée de samedi«entre Matignon et les points névralgiques» de la capitale, indique son équipe. Emmanuel Macron, lui, sera au palais de l’Elysée que certains manifestants se sont promis d’approcher, et pourquoi pas d’investir. L’exécutif comme la majorité attendaient avec anxiété «l’acte IV» du mouvement, à l’issue d’une semaine placée sous le signe de la confusion. Entre une illisible chorégraphie autour des hausses de taxes sur les carburants – suspendues pour six mois mardi, annulées mercredi… mais dont on n’exclut pas formellement le retour en cours d’année prochaine -, la perspective d’une résurrection de l’ISF, évoquée par les secrétaires d’Etat Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa puis écartée par l’Elysée ; ou les appels lancés aux corps intermédiaires, que l’exécutif avait cru pouvoir contourner en début de quinquennat et qu’il presse désormais de travailler à l’apaisement. Vendredi, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a plaidé «l’urgence sociale absolue» pour inviter les entreprises à un geste salarial envers leurs employés. Au centre du tourbillon, un personnage muet et presque invisible : Emmanuel Macron, en retrait depuis le week-end dernier, et qui ne devrait pas intervenir publiquement avant le «début de la semaine prochaine», a fait savoir vendredi le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Il est vrai que le chef de l’Etat, au comble de l’impopularité, n’aura sans doute pas deux chances de se faire entendre.

Marie Piquemal , Willy Le Devin , Dominique Albertini , Marlène Thomas

  • Avenue de Friedland, près des Champs-Elysées, samedi.Sur les Champs-Elysées : «La casse fait partie du cadeau de Noël de Macron»
  • Place de la Bastille, samedi 8 décembre.«Ma colère c’est mon gilet jaune, sauf que ma colère ne passe pas les barrages»
  • Julie, son compagnon et leur fille Leeloo, chez eux à Grandpuits-Bailly-CarroisJulie : «On commence tous les mois avec un découvert de 500 euros chacun»

 

Publié dans : Non classé | le 8 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

« Gilets jaunes »……………………….(07/12/2018)

22h30
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« La République est entre les mains de monsieur Macron », « il va falloir qu’il agisse vite », lancent les « gilets jaunes » après leur rencontre avec Edouard Philippe
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans : Non classé | le 8 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………(07/12/2018)

Libération 07 décembre 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Démocratisme contre démocratie

Il arrive un moment où l’excès de démocratie tue la démocratie. On l’a dit plusieurs fois : les revendications sociales des gilets jaunes sont légitimes et méritent une négociation nationale sur les bas revenus, les petites retraites, la fiscalité, etc. En revanche la méthode soi-disant démocratique dont ils usent confine à la farce surréaliste.

Pris plus ou moins au hasard, leurs représentants écument les plateaux télévisés. Souvent leur parole est juste et raisonnable. Mais souvent aussi on découvre que ces représentants qui ne veulent représenter personne représentent en fait tout autre chose que le mouvement initial. L’un des porte-parole autodésignés est en fait un militant éprouvé de La France insoumise. L’autre est un activiste d’extrême droite bruni sous le harnais. Le troisième est un farceur qui pousse une association que personne ne connaît. L’autre encore est un fonctionnaire territorial plutôt bien payé qui n’a pas de mission et touche son salaire sans rien faire, autrement dit un oisif prospère pour représenter les travailleurs pauvres. N’importe qui venu de n’importe où pour dire n’importe quoi.

Le résultat de ce refus de toute délégation s’étale sous nos yeux : des manifestations négociées avec personne qui s’éparpillent, se rétractent en nombre et augmentent en violence (même en 1968, les leaders étudiants négociaient les itinéraires de manifestation avec le préfet Grimaud et les syndicats réussissaient à encadrer la grève générale) ; un gouvernement qui prend le chemin de la discussion mais qui ne trouve pas d’interlocuteur et finit par lâcher des concessions sans que personne n’en fasse le compte ni même ne réponde pour demander plus ou autre chose. Les syndicats, qui ne sont pas moins représentatifs de la société que les gilets jaunes, proposent une négociation globale, mais celle-ci tournera à vide si aucun délégué du mouvement n’y participe. Ses résultats, même s’ils sont appréciables, apparaîtront comme des faveurs tombées d’en haut.

Tout cela a une origine : le refus maladif de toute politique, au sens le plus large du terme, c’est-à-dire, comme le mot l’indique, le refus de toute discussion sensée sur l’avenir de la cité. Le gouvernement, qui a déclenché ce mouvement vindicatif à force de maladresse verbale et de réformes trop favorables à la classe dirigeante, porte une lourde responsabilité. Mais le démocratisme confus qui sert de doctrine au mouvement en porte une également. Sauf à se réunir sur une agora géante qui devrait contenir des millions de personnes, la démocratie d’aujourd’hui suppose la représentation. Rien n’empêche de l’organiser, grâce à la ductilité des réseaux sociaux. Certains gilets jaunes l’ont proposé mais on ne voit rien venir. Arrivera un moment où l’opinion, lasse de la cacophonie, exigera un pouvoir fort et un leader autoritaire. Voilà une aporie dangereuse, sur laquelle les thuriféraires de la démocratie directe devraient réfléchir.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans : Non classé | le 7 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »
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