Qu’en pensez-vous ? (12/01/2018)

Décryptage

Immigration : un projet de loi dur et contesté

Par Kim Hullot-Guiot — 11 janvier 2018 à 21:06
Dans le centre d'accueil Emmaüs du boulevard Sébastopol, à Paris, jeudi.
Dans le centre d’accueil Emmaüs du boulevard Sébastopol, à Paris, jeudi. Photo Cyril Zannettacci

Les principales mesures du texte de loi gouvernemental suscitent la critique, malgré quelques avancées.

  • Immigration : un projet de loi dur et contesté

Dans sa philosophie, le texte proposé par le gouvernement soulève des inquiétudes chez les associations, pour qui il entérine la distinction entre les réfugiés, qui auraient vocation à rester sur le territoire, et les migrants dits économiques, qui ne seraient pas légitimes à s’installer en France. Il suscite aussi des critiques car une partie des mesures sont jugées peu efficaces, avec de lourdes conséquences sur le plan des droits humains.

Le projet du gouvernement améliore-t-il le traitement des demandes d’asile ?

Le gouvernement l’utilise comme un étendard : le délai d’instruction des demandes d’asile devra être réduit de moitié. Entre le dépôt du dossier et la réponse, les demandeurs attendent aujourd’hui un peu plus d’un an. L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) a déjà réussi à faire baisser son délai d’instruction, actuellement de cinq mois, remarque Sarah Belaïsch, de la Cimade : «Le problème se situe en amont. Pour pouvoir faire enregistrer sa demande d’asile, il y a des délais très longs dans les préfectures et les guichets uniques. Pendant ce temps, les personnes ne sont pas considérées comme des demandeuses d’asile et peuvent être placées en rétention ou avoir des difficultés à obtenir un hébergement.» Le budget 2018 prévoit 150 postes supplémentaires en préfectures, mais ils ne sont pas uniquement alloués au traitement des demandes d’asile.

La question des personnes «dublinées», c’est-à-dire des migrants qui doivent effectuer leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils ont laissé une trace (leurs empreintes par exemple), pose aussi problème, selon Laurent Giovannoni, du Secours catholique : «Les dublinés attendent des mois avant de savoir si leur demande doit être traitée en France, en Italie ou en Allemagne, par exemple. Il y a autre chose à faire que se renvoyer les gens dans tous les sens. Emmanuel Macron se dit européen mais, là-dessus, le projet est vide.»

Enfin, le projet prévoit de réduire de moitié – d’un mois à quinze jours – le délai qu’aura une personne déboutée de sa demande d’asile pour faire appel. Or, «on est face à une personne qui ne maîtrise pas forcément le système administratif et la langue, qui a eu un parcours difficile, et qui va devoir contester la décision, par écrit, en mettant des éléments nouveaux, et se faire conseiller et accompagner», juge Sarah Belaïsch. D’autant que «le recours n’est pas anecdotique, il permet assez souvent d’obtenir le statut de réfugiés : la Cour nationale du droit d’asile annule 15 % des décisions de l’Ofpra».

Améliore-t-il l’intégration des réfugiés ?

Plusieurs aspects du texte sont positifs, comme l’extension pour les mineurs réfugiés de la réunification familiale aux parents, frères et sœurs. Ou l’augmentation à quatre ans, contre un actuellement, de la durée du titre de séjour pour les apatrides et personnes bénéficiant de la protection subsidiaire, c’est-à-dire qui ne répondent pas au critère de l’asile mais sont considérées en danger dans leur pays. Ces deux points peuvent apporter aux personnes concernées une plus grande stabilité pour construire leur vie en France. «Le gros des mesures ne relève pas du domaine législatif, ce seront des décrets ou des circulaires qui les préciseront», remarque Belaïsch. Pour l’heure, il est difficile de savoir ce que prévoira le texte sur ce volet : le député LREM du Val-d’Oise Aurélien Taché, qui a été chargé d’une mission sur l’intégration, remettra son rapport à la fin du mois. Parmi les pistes, l’apprentissage du français pourrait intervenir plus tôt dans le processus de demande d’asile, et le nombre d’heures de langue augmenté.

Facilite-t-il les expulsions de personnes en situation irrégulière ?

C’est ce que déplorait jeudi sur Europe 1 Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’asile : «On a inversé les priorités. […] L’objectif du projet de loi est manifestement de mieux reconduire, plus reconduire et reconduire immédiatement.» Pour cela, le gouvernement se dote d’un vaste arsenal, à commencer par l’augmentation du délai maximum de rétention, porté de 45 à 90 jours. Mais, selon les associations, la mesure est inutile et liberticide, les deux tiers des décisions d’expulsions de personnes placées en rétention étant décidées, selon la Cimade, en douze jours. «Soit les conditions d’expulsion sont remplies et on le fait au début de la rétention, soit c’est de l’enfermement pour rien : seules 2 % des personnes sont éloignées à la fin de leur période de rétention. Ça a des conséquences humaines très lourdes, comme l’augmentation des tensions dans les centres de rétention, des gestes désespérés ou des mutilations pour un résultat inefficace», juge la responsable de la Cimade.

Le texte prévoit aussi de pouvoir augmenter de six à vingt-quatre heures la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour, de pouvoir recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire. Il prévoit enfin de maintenir en rétention l’étranger dans le délai courant entre l’ordonnance de libération prononcée par le juge et l’appel du préfet. «Il y a des gens qui vont être renvoyés, mais certains sont déjà insérés dans la société, ont des enfants scolarisés, etc. On sait qu’une partie d’entre eux ne pourra pas être renvoyée : qu’est-ce qu’on fait ? On les laisse moisir en rétention ?» interroge Laurent Giovannoni.

Kim Hullot-Guiot

Liberation.fr
Publié dans : MIGRANTS | le 12 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/01/2018)

Libération 11 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Ma et Cron vont en bateau

Il y a deux syllabes dans Macron. Ma et Cron. Ma est soft, bienveillant, arrangeant, enclin à l’indulgence, comme Mama Mia, maternel, malléable, ma chérie. Cron est dur, rêche, pointu, rigide, comme le croc ou le cric, le cri ou le crack. Il y avait dans En marche (qui commence par Ma), cette volonté d’accueil, d’ouverture, de compromis qui compensait la fermeté du réformateur activiste et du président impérieux. Mais de plus en plus, on le voit, Cron l’emporte sur Ma. A l’étranger, en Chine par exemple, Cron préfère de loin à la realpolitik au droit des populations, le calcul géopolitique ou commercial aux plaintes des prisonniers ou aux demandes des opprimés. Dans le social, Cron prévoit de renforcer comme jamais le contrôle des chômeurs, menacés de sanctions diverses s’ils ne remplissent pas exactement les obligations qui leur incombent, soumis à la surveillance étroite de Pôle Emploi qui maniera sans hésiter à leur encontre le coup de règle sur les doigts. Et en matière d’immigration, Cron se dispose à mettre en place des dispositifs contraignants que la droite elle-même n’a jamais osé appliquer, intrusion dans les centres d’accueil, doublement de la durée de rétention pour les sans-papiers, raccourcissement des délais de recours. Dans ces trois domaines, c’est Cron qui mène la danse. Ma, lui, se tourne vers l’entreprise, le start-uper, l’investisseur, objets de toutes les sollicitudes. Ma et Cron sont toujours là. Mais ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Ma dorlote les premiers de cordée, Cron contrôle ceux qui ont lâché la corde. Et si Ma continue à laisser à Cron la bride sur le cou, c’est un projet de société qui se dessine. Efficace mais dur, compétitif et sélectif. Macron est populaire. Mais Cron ?

Et aussi

La direction de France 3 Auvergne a suspendu la diffusion d’une série sur les réalisations du président de la région, Laurent Wauquiez. Jurant que ledit Wauquiez n’est pas intervenu pour demander cette suspension, la direction explique que les sujets étaient «déséquilibrés». Soit. Mais la vraie question n’est pas celle-là : étaient-ils véridiques, vérifiés, honnêtes ? La vérité est parfois elle-même déséquilibrée. Difficile de le savoir, de toute manière : on ne les verra pas.

Les services consulaires des Etats-Unis ont classé en «catégorie 2» la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne pour mettre en garde les touristes américains sur l’insécurité qui régnerait dans ces trois pays. Les attentats qui s’y sont déroulés expliqueraient ces avertissements alarmistes. On ne sait à quel niveau seraient classés les Etats-Unis par les mêmes services consulaires, quand on sait que l’insécurité est en moyenne dix fois supérieure là-bas à ce qu’elle est en Europe…

Laurent Joff
Publié dans : Politique | le 12 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

Charité bien ordonnée……………………(11/01/2018)

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Alerte info
ENQUETE FRANCE 2. Comment Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, arrose de subventions son fief du Puy-en-VelayLaurent Wauquiez a été maire du Puy-en-Velay pendant 8 ans. Depuis qu’il est à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes, sa commune semble ne pas avoir été oubliée.
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Publié dans : "AFFAIRES" | le 11 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

Sans commentaire……………(11/01/2018)

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Alerte info
Pas-de-Calais : au moins trois surveillants agressés par un détenu condamné pour terrorismeUn détenu allemand incarcéré pour son implication dans l’attentat de Djerba (Tunisie) en 2002 a agressé au moins trois surveillants, jeudi 11 janvier, à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), selon des sources syndicales contactées par franceinfo, confirmant une information du Parisien. L’un d’entre eux a été hospitalisé pour une plaie au cuir chevelu. Les faits sont survenus alors que Christian Ganczarski sortait de sa cellule pour un appel à la cabine téléphonique.
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Publié dans : TERRORISME | le 11 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

C’est pas joli tout ça ? (11/01/2018)

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Alerte info
TEMOIGNAGE FRANCE 3. « J’ai fini inconsciente, par terre », raconte une femme agressée avec son mari policier devant leurs enfantsFrance 3 a recueilli le témoignage de Chloé, violemment agressée avec son mari policier, il y a un mois et demi. Ils rentraient d’une soirée avec leurs enfants, lorsqu’ils tombent dans un guet-apens. Les quatre enfants sont assis à l’arrière du véhicule. Ils assistent à l’agression de leur père par quatre hommes. « Je suis sortie pour les séparer en me disant qu’une femme allait peut-être pouvoir les arrêter. Au final pas du tout, j’ai fini inconsciente, par terre, devant mes enfants », témoigne la jeune femme de 35 ans dans le « 19/20″, mercredi 10 janvier.
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Publié dans : "AFFAIRES" | le 11 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(11/01/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Immigration : en marche à droite

Lyndon Johnson s’était un jour moqué des capacités intellectuelles de Gerald Ford, qui deviendrait président des Etats-Unis, en disant «qu’il avait du mal à marcher et à mâcher du chewing-gum en même temps». Godillots qui ont du mal à s’exprimer en marchant, les députés LREM tentent d’échapper à cette malédiction. Ils s’efforcent d’être En marche tout en réfléchissant : méritoire entreprise. Sonia Krimi, députée de la Manche qui n’est pas manchote, a lancé le mouvement fin décembre en interpellant vigoureusement le gouvernement sur sa politique migratoire. Dans son viseur : les circulaires Collomb qui autorisent, entre autres, la police à intervenir dans les centres d’accueil tenus par des associations. Son algarade a résonné comme un rappel à l’ordre. Un certain nombre de députés anciennement de gauche se rendent compte qu’ils soutiennent un gouvernement de centre droit décidé à jouer la fermeté en matière d’immigration. Tardive lucidité… Avec un certain retard à l’allumage, ils ont des états d’âme.

Effroi au sommet, où l’on voit se dresser le spectre des «frondeurs» qui ont tant coûté à la légitimité du précédent gouvernement socialiste. Depuis, on multiplie les pow-wow de déminage pour étouffer dans l’œuf ce début de contestation. Les chamans Philippe, Castaner, Grivaux, ont été commis d’office à cette opération d’apaisement tribal, sous l’œil du Grand Esprit qui siège à l’Elysée. On argue de la nécessaire distinction entre demandeurs d’asile et migrants économiques, qui a sa pertinence. Mais comme on est déjà chiche en matière d’accueil des réfugiés, l’argument augure d’une gestion policière nettement plus musclée. Or si la France reçoit des «migrants économiques», c’est aussi parce qu’ils occupent des emplois souvent dédaignés par les résidents. Va-t-on expulser les sans-papiers qui ont un travail et vivent en France depuis plusieurs années ? On peut le craindre. Car il y a derrière tout cela, et il faut aussi le craindre, un froid calcul politique. L’opinion souhaite la fermeté. Aux yeux des stratèges d’En marche, celle-ci a le mérite de priver d’air l’opposition de droite qui tente de se remettre en ordre de bataille. Où est la gauche ?

Laurent Joffrin
Publié dans : MIGRANTS | le 11 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

Migration…………………………(110/01/2018)

Le projet de loi immigration dévoilé : « Le gouvernement reste droit dans ses bottes »

Le projet de loi immigration dévoilé : "Le gouvernement reste droit dans ses bottes"
Au centre de rétention du Canet à Marseille, le 18 novembre 2017. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Avant de recevoir ce jeudi les associations défendant les droits des migrants, Edouard Philippe leur a transmis les premières dispositions du futur projet de loi. Décryptage avec Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade.

Avant d’être reçues ce jeudi 11 janvier à Matignon, les associations ont découvert mercredi les premières dispositions du contesté projet de loi sur l’asile et l’immigration. C’est un document de 4 pages, révélé mercredi après-midi par « le Monde » et Streetpress, qui trace les grandes lignes d’un projet de loi dont l’objectif affiché par le gouvernement est d’expulser davantage de migrants dits économiques pour mieux accueillir et intégrer ceux obtenant l’asile politique. Dans le détail, l’exécutif prévoit une réduction des délais d’instructions des demandeurs d’asile ainsi qu’une batterie de mesures pour rendre plus efficace la lutte contre « l’immigration irrégulière ». Décryptage avec Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade, association de défense des droits des migrants.

 

 

Quelle lecture faites-vous des premières dispositions du projet de loi asile-immigration ? Estimez-vous qu’elles contiennent des points positifs ? 

Peu de surprises. On connaissait déjà les principales mesures. C’est une confirmation que le projet de loi sert d’abord et surtout à durcir la politique d’éloignement. Il y a quelques mesures positives, comme l’allongement de 1 à 4 ans des cartes de séjour « protection subsidiaire » et « apatridie ». C’est indéniablement une avancée. Tout comme le renforcement de la protection des jeunes filles exposées à un risque d’excision.

La réduction des délais d’instruction des demandes d’asiles va aussi dans le bon sens. Mais dans le détail, on voit qu’elle se fait sur le dos des droits des demandeurs d’asile. Puisque que le délai de recours devant la Cour nationale du droit d’asile est réduit d’un mois à 15 jours. Mais pour l’essentiel, le gros de cet avant-projet de loi porte sur l’éloignement.

Quelles mesures par exemple ?

Le gouvernement veut par exemple durcir le régime sur l’assignation à résidence. Dans le droit commun, les personnes assignées à résidence ont obligation de pointer plusieurs fois par jour au commissariat. Là, elles devront rester dans leur résidence pendant une plage horaire. Sous entendu : si on vous vient chercher pour vous emmener à l’aéroport, on sait où vous êtes.

La durée de retenue administrative est aussi allongée. Elle passe de 16 heures à 24 heures, tout ça pour renforcer le contrôle de l’administration sur les personnes interpellées.

Le gouvernement veut aussi doubler la durée de rétention, la faire passer de 45 à 90 jours. C’est très inquiétant quand on voit l’état des personnes au bout de 45 jours. Il y a un très gros risque de maltraitance.

Toutes ces mesures vont dans le même sens : elles visent à encercler le plus possible les personnes dans leurs droits.

Vous allez être reçus par Edouard Philippe à Matignon avec d’autres associations ? S’agit-t-il d’une réelle concertation ? 

Tel qu’on le comprend, le Premier ministre va nous écouter. Mais jusqu’ici, on n’a pas senti qu’on avait une influence. On a surtout l’impression que le gouvernement reste droit dans ses bottes. Tel qu’il est, le projet de loi n’est pas modifiable ou amendable à la marge. Il n’y a pas grand chose à discuter. Trop d’éléments ne vont pas. Nous allons demander son retrait.

Pour justifier sa réforme, le gouvernement affirme vouloir davantage expulser les « migrants économiques » pour mieux accueillir ceux qui obtiennent l’asile. Comprenez-vous cet argument ? 

C’est dangereux et presque faux. C’est dangereux car opposer bons et mauvais migrants, c’est faire le lit de ceux qui rejettent les migrants de manière générale. Et ça devient de plus en plus faux de dire qu’on va sanctuariser l’asile. Car même pour l’asile, le gouvernement cherche à réduire la capacité d’accueil de la France.

 

 

La notion de « pays tiers sûr » vers qui renvoyer des personnes sans examen de leur dossier a été supprimée de l’avant projet de loi, c’est déjà ça. Mais la France reste toujours sur une application stricto-sensu du règlement de Dublin (qui prévoit de renvoyer un demandeur d’asile dans l’Etat européen où il a été enregistrée à son arrivée, NDLR) alors que la Grèce et l’Italie sont débordées depuis des années et que la solidarité entre Etats ne joue plus.

Propos recueillis par Rémy Dodet

Publié dans : MIGRANTS | le 11 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

Assurance chômage……………..(11/01/2018)

Décryptage

Assurance chômage : Macron laisse un espace au dialogue social

Par Luc Peillon et Gurvan Kristanadjaja — 10 janvier 2018 à 20:46
Les partenaires sociaux au ministère du Travail le 13 décembre pour une réunion sur l’assurance chômage.Zoom
Les partenaires sociaux au ministère du Travail le 13 décembre pour une réunion sur l’assurance chômage. Photo Corentin Fohlen. Divergence

La négociation entre patronat et syndicats sur le projet de réforme voulue par l’Elysée débute ce jeudi. Plusieurs points irritent les centrales.

La balle est aux partenaires sociaux. Alors que le volet «flexibilité» de la réforme du marché du travail a été expédié en quelques mois sous forme d’ordonnances, le pilier «sécurisation», via l’assurance chômage, est pour l’heure aux mains du patronat et des syndicats. Ces derniers ouvrent, ce jeudi, la première des six séances de négociation (prévues jusqu’à mi-février) sur la refonte du système d’indemnisation. Seule contrainte : la feuille de route – assez vague – du gouvernement, transmise mi-décembre, et avec laquelle plusieurs syndicats disent déjà vouloir prendre quelques libertés. Reste à savoir ce que l’exécutif fera de cet éventuel accord. Tour d’horizon des points de concorde ou de discorde entre gouvernement et syndicats.

Le retour d’une cotisation chômage ?

Dans sa tuyauterie financière pour booster le pouvoir d’achat, le gouvernement a déjà suspendu (et non pas supprimé), la cotisation chômage salariale, en échange d’une hausse de CSG. Une hérésie pour les principaux syndicats, qui réclament la restauration d’une cotisation à proprement parler. «Il faut conserver le caractère assurentiel [de l’Unédic], insiste Véronique Descacq, de la CFDT, rejointe par la CGT. Pour cela, il faut garder une cotisation chômage, quitte à baisser une autre cotisation, comme la retraite.» Pour les syndicats, c’est aussi un moyen de conserver leur légitimité à gérer l’Unédic au nom des salariés.

Une indemnisation au rabais des démissionnaires ?

D’ores et déjà, une quinzaine de cas de démissions ouvrent droit à l’assurance chômage. L’idée de départ de Macron était de l’élargir à tous les démissionnaires, une fois tous les cinq ans. Mais dans la feuille de route du gouvernement, il ne s’agit plus que d’«un nouveau droit» ouvert «sous certaines conditions», à ceux qui s’inscrivent dans «une évolution professionnelle». Et pour une durée plus courte (en échange d’une suppression de la période de carence), avec une «allocation plafonnée». Si les syndicats ne sont pas contre un élargissement de l’indemnisation à davantage de démissionnaires, pas question «d’un régime spécifique au rabais», tonne Véronique Descacq. «Instaurer une indemnité forfaitaire, c’est transformer un vrai revenu de remplacement en un minimum social», poursuit-elle. Et là encore, la CFDT peut compter sur la CGT : «Dans plusieurs pays européens, on voit arriver ces indemnités forfaitaires, qui deviennent de simples filets de sécurité, prévient Denis Gravouil. Au point, pour retrouver un bon niveau d’indemnisation, de devoir souscrire une assurance privée.»

Comment lutter contre les contrats courts ?

Dans sa feuille de route, le gouvernement dénonce l’essor des contrats courts pesant sur l’assurance chômage. Et demande aux partenaires sociaux de trouver une solution. Problème : les ordonnances Pénicaud pourraient potentiellement aggraver la situation, puisque les règles régissant les CDD seront désormais décidées dans chaque branche professionnelle, et non plus par le code du travail… A défaut de propositions, le gouvernement menace le patronat d’un bonus-malus sur les cotisations chômage.

Quels indépendants indemniser ?

Le programme de Macron candidat était, là aussi, ambitieux : «tous les travailleurs», dont les indépendants, auront «droit à l’assurance chômage», promettait-il. La feuille de route, elle, ne mentionne plus – sous certaines conditions – que les indépendants en liquidation judiciaire ou le développement des assurances optionnelles. Mais p atronat et syndicats sont d’accord pour étudier le cas des travailleurs «économiquement dépendants» d’une plateforme. Chauffeurs VTC et coursiers pourraient donc bénéficier de l’assurance chômage, possiblement financée par les plateformes elles-mêmes et par la hausse de la CSG de 1,7 %. Reste à savoir si les plateformes accepteront de cotiser pour les travailleurs indépendants. «On est en pleine discussion pour trouver un compromis avec les plateformes, mais ça risque d’être difficile de trouver un accord», explique Felix Cao, de l’association Actif VTC. Un porte-parole d’Uber précise que «les chauffeurs VTC sont des travailleurs indépendants comme les autres», et qu’un effort a déjà été fait avec la proposition d’«une assurance accident gratuite». Pas gagné.

Une gouvernance à trois ?

Ce point n’est pas soumis à la négociation des partenaires sociaux, mais il les concerne directement. Dans sa feuille de route, le gouvernement précise juste que l’assurance chômage étant désormais financée en partie par la CSG – un impôt -, il devient légitime pour gérer, lui aussi, la boutique. Sans aller plus loin pour l’instant. «Soit il nous pique la place comme à l’assurance maladie, en nous laissant un strapontin, soit on continue à gérer avec le patronat, mais dans le cadre d’une lettre de cadrage», résume Denis Gravouil.

Luc Peillon , Gurvan Kristanadjaja

Liberation.fr
Publié dans : Chômage | le 11 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

Racisme primaire………………….(10/01/2018)

 

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Les antisémites et les irresponsables

Les antisémites et les irresponsables
Vue partielle de l’épicerie incendiée, dans un centre commercial de Créteil (Val-de-Marne), le 9 janvier 2018. (ALAIN JOCARD/AFP)

EDITO. En 2018, on est encore ciblé, vandalisé, menacé parce qu’on est juif ou qu’on vend des produits aux juifs.

Sale début d’année. Alors que la gauche s’écharpe, trois ans après les attentats de janvier 2015, pour savoir qui est toujours Charlie et qui ne l’est plus, qui baisse la garde ou qui stigmatise qui, alors que le président de la République, devant les représentants des cultes, s’interroge à haute voix sur le danger d’une radicalisation de la laïcité, des hommes et des femmes continuent, eux, d’être inquiétés en raison de leur confession sur le sol français.

Ça s’est passé à Créteil, aux portes de la capitale. Ça a commencé par des tags antisémites sur les rideaux de fer de deux magasins casher. Ça s’est terminé par l’incendie d’un des commerces désignés par la croix gammée. En 2018, on est donc encore ciblé, vandalisé, menacé parce qu’on est juif, ou en l’occurrence parce qu’on vend des produits aux juifs, ce qui ne change rien à l’affaire

 

 

Les plus blasés ironiseront sans doute sur l’absence de nouveauté ou sur la naïveté d’une telle découverte. Le problème, c’est qu’à force de ne pas vouloir passer pour des naïfs on en viendrait presque à s’habituer, à ne plus s’indigner, ni se révolter.

L’antisémitisme est une saloperie qui ronge les cerveaux et pourrit les sociétés. Qu’il s’inscrive dans la vieille tradition de l’extrême droite française ou qu’il se refasse une jeunesse dans certains quartiers, qu’il s’exprime à coups d’immondes graffitis sur les murs ou de diarrhée verbale sur les réseaux sociaux, qu’il tente de s’abriter derrière une prétendue défense de la liberté d’expression ou une apparente analyse géopolitique du conflit israélo-palestinien, il sert toujours les mêmes objectifs : l’essentialisation et la désignation d’un bouc émissaire, c’est-à-dire viser le juif pour ce qu’il est, et le rendre coupable de tout le reste.

Rien de plus urgent à faire ?

On en est donc (encore…) là quand certains grands esprits de la république des lettres débattent de l’opportunité de rééditer les pamphlets antisémites virulents de Louis-Ferdinand Céline, comme « l’Obs » en a rendu compte dans ses pages, la semaine dernière.

Sans rire ? A une époque où l’on trouve encore des croix gammées dessinées sur les murs, où l’on n’arrive plus à enseigner l’histoire de la Shoah dans certains établissements scolaires, où des juifs se font menacer, agresser quand ce n’est pas séquestrer au prétexte bien connu qu’ils auraient de l’argent selon le vieux cliché, n’y a-t-il rien de plus judicieux ou de plus urgent à faire ?

 

Publié dans : Droit de l'homme | le 10 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »

Pouvoir (petit) d’achat……………….(10/01/2018)

Pouvoir d’achat 2018 : des salariés qui sourient et des retraités qui pleurent

>Economie>Votre argent|Aurélie Lebelle et Matthieu Pelloli| 10 janvier 2018, 7h28 | MAJ : 10 janvier 2018, 7h48 |79
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L’Insee prévoit une baisse globale du pouvoir d’achat de 0,3 % en 2018.

AFP/JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Les réformes fiscales engagées par le gouvernement auront un effet direct sur votre pouvoir d’achat en 2018. Les retraités seront les grands perdants de ces changements.

Bercy s’autocongratule. Lors du dernier relevé de compteurs, fin 2017, le simulateur de pouvoir d’achat mis en ligne par le ministère de l’Economie a battu des records de fréquentation. « 400 000 personnes s’en sont déjà servies », se félicite-t-on au cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Il faut avouer que cet outil est assez utile. Après avoir entré quelques informations fiscales, il vous permet de calculer l’impact des réformes sur votre pouvoir d’achat.

Mais attention ! Le site -et la communication gouvernementale- s’arrange un peu avec la réalité. Aucune trace par exemple des conséquences sur votre portefeuille de ces « impôts déguisés », comme la hausse des prix du tabac, du gazole et du gaz. Autre défaut du simulateur : il affiche l’impact des réformes jusqu’à 2020, lorsqu’elles seront complètement opérationnelles. Mais gare aux écrans de fumée : en 2018, il faudra d’abord se serrer la ceinture.

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>Quels changements à venir selon votre situation ?

 

leparisien dans EconomiePouvoir d’achat 2018 : des salariés qui sourient et des retraités qui pleurent

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Dans une étude récente, l’Insee prévoit en effet une lourde perte de pouvoir d’achat pour les Français, notamment au 1er trimestre 2018. Avant de profiter des réformes favorables à vos économies (suppression d’un tiers de la taxe d’habitation, baisse des cotisations salariales…), les mesures fiscales d’Emmanuel Macron grèveront votre pouvoir d’achat, de 0,7 point par rapport au dernier trimestre 2017. Et au global en 2018, il sera raboté de 0,3 % par rapport à l’an dernier. A l’Elysée, on a évidemment peu apprécié la note de l’Insee. « Certaines recettes qui favoriseront le pouvoir d’achat, comme la compensation de la CSG pour les fonctionnaires, n’ont pas été prises en compte », déplore un fiscaliste.

Pour y voir plus clair entre la note inquiétante de l’Insee et la communication optimiste de Bercy, nous avons demandé à la Fondation Concorde -un think-tank libéral – de passer au crible quatre profils de ménages pour connaître leurs gains et/ou pertes de pouvoir d’achat tout au long de la première année. Verdict : les retraités qui touchent une pension de près de 1 500 euros brut vont pleurer et les riches vont sourire. Mais cela va se faire par à-coups, au fil des mois, l’ensemble des réformes fiscales entrant en vigueur progressivement.

Des baisses de cotisations mais des hausses de prix…

Ce mois-ci, cela va faire mal. Car la CSG augmente pour tout le monde de 1,7 point. Les retraités, remontés, l’ont déjà bien senti en découvrant leur pension. Cette hausse est d’autant plus douloureuse pour eux que, contrairement aux actifs, ils ne bénéficient d’aucune compensation. Les travailleurs, eux, verront baisser leurs cotisations salariales (chômage et maladie). Donc, dès janvier, ils grappilleront quelques euros sur leur feuille de paie ! Mais qu’ils ne se réjouissent pas trop vite, puisque leur budget gaz et gazole est d’ores et déjà alourdi. Et, en mars, ce sera celui du tabac, dont les prix vont augmenter, qui fera tousser les fumeurs.

Mais, en octobre, les travailleurs tiendront vraiment leur revanche ! Car les cotisations salariales continuent de baisser, provoquant un gain de pouvoir d’achat significatif. Fin 2018, quand les deux baisses de cotisations salariales se seront cumulées, un salarié au smic aura empoché près de 140 € supplémentaires. Les années suivantes, le gain sur la feuille de paie avoisinera 270 €. Et plus on monte dans l’échelle des salaires, plus le gain sera important.

Pour la suppression de la taxe d’habitation, il faudra attendre

Enfin, il faudra attendre novembre pour bénéficier de la suppression d’un tiers de la taxe d’habitation. Pour les retraités — modestes —, ce sera la seule mesure favorable. Cependant, ils seront environ 80 %, tout comme l’ensemble des Français, à profiter de ce coup de pouce financier. Il faudra patienter jusqu’en 2020 pour que la taxe d’habitation disparaisse intégralement.

D’ici là, les grosses fortunes récolteront toute l’année les cadeaux de Noël du président. Grâce à la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), transformé en superimpôt immobilier (IFI), et à la mise en place d’une taxation unique à 30 % sur les revenus du capital (flat tax), les très riches tireront davantage profit de leurs dividendes, de leurs cessions d’actions ou encore de leurs plus-values immobilières.

 

«Je crains que la CSG n’augmente encore dans le futur»

Elle vient d’être nommée directrice des études à la Fondation Concorde, un think-tank libéral. Virginie Pradel, avocate fiscaliste, analyse l’impact des réformes fiscales d’Emmanuel Macron.

 

Certaines critiques assuraient que les mesures favorisaient nettement les plus riches. Qu’en pensez-vous ?

Virginie Pradel. Ce n’est pas faux. Les réformes vont clairement bénéficier à ceux qui ont des revenus mobiliers et un salaire élevé. Plus vous gagnez et plus la baisse des cotisations salariales est avantageuse. Mais le grand gagnant de 2018 est à coup sûr un gros détenteur d’actions et d’obligations, qui sera nettement moins taxé sur ses dividendes.

 

Et qui sont les perdants ?

Tous les autres ! Plus précisément, les ménages vont certes grappiller un peu de pouvoir d’achat avec la baisse des cotisations salariales et la suppression d’un tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des Français. Mais en 2018, pour y gagner vraiment, il ne faut ni fumer, ni se chauffer au gaz, ni rouler au gazole, ni être retraité. Cela réduit considérablement les possibilités d’un réel gain à la fin de l’année.

 

Lorsque les réformes seront complètement entrées en vigueur, en 2019 puis 2020, les gains de pouvoir d’achat ne vont-ils pas augmenter pour les ménages ?

Oui, sur le papier. Mais gare aux mauvaises surprises. Je crains que la CSG n’augmente encore dans le futur. Cela pourrait par exemple être une piste pour financer une partie de la réforme de l’assurance chômag

Publié dans : Economie | le 10 janvier, 2018 |Pas de Commentaires »
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