Libres propos………………………..(12/09/2017)

Tribune

L’entreprise, monarchie de droit social

Par Dominique Méda, directrice de l’Irisso, université Paris-Dauphine, auteure du Que sais-je ? «Le Travail», (PUF) — 11 septembre 2017 à 17:36 (mis à jour à 17:44)
En 2013, dans l'usine de jouets Meccano de Calais. Menacée de fermeture, elle a pu se maintenir grâce au lancement de nouveaux produits.Zoom
En 2013, dans l’usine de jouets Meccano de Calais. Menacée de fermeture, elle a pu se maintenir grâce au lancement de nouveaux produits. Photo Edouard Caupeil

La question du partage du pouvoir entre les actionnaires et les salariés ne semble pas d’actualité. La nouvelle loi travail conforte le PDG comme prince omnipotent face aux élus du personnel ou aux représentants des syndicats.

En 1910, au moment des débats entourant la naissance du premier code du travail, un professeur d’économie et de législation industrielle, Adéodat Boissard, écrivait : «L’évolution politique a devancé l’évolution économique dans nos sociétés modernes, en ce sens que le troisième système de répartition économique : le régime associationniste, n’a encore été pratiqué que sur une très petite échelle, à titre d’expériences très localisées, tandis que le principe démocratique paraît informer de plus en plus les constitutions politiques des Etats contemporains. Ce qui est certain, c’est que nous sommes, actuellement, du point de vue économique, en régime monarchique tendant vers le constitutionnalisme.» (1)

Notre auteur nommait également ce dernier «régime capitaliste» ou «régime de partage conventionnel inégal» pour souligner que, dans cette configuration, certains producteurs se réservaient la totalité des bénéfices de la production. Dans son esprit, le progrès consistait clairement à passer au régime de partage proportionnel ou associationniste, celui dans lequel est réalisé «le partage absolument complet et aussi proportionnel que possible à la part prise par chacun à la production de tous les résultats de cette production».

Plus d’un siècle plus tard, contrairement aux espoirs d’Adéodat Boissard, nous nous trouvons toujours, selon sa catégorisation, en régime monarchique. Mais le plus curieux est que cette situation ne fait plus débat et que depuis au moins une bonne trentaine d’années la question de la démocratie dans l’entreprise ne constitue plus un élément central ni du débat d’idées ni des revendications politiques ou syndicales.

Tout se passe comme si une période de glaciation s’était ouverte et qu’envisager une telle possibilité, des entreprises gérées démocratiquement, était devenu un véritable tabou, pire, un propos nécessairement tenu par des «irresponsables», des irréalistes. Lorsqu’on veut nous faire rêver, on nous parle entreprises libérées, organisations plates et en tout cas réinventées, disparition des hiérarchies, mais il n’est jamais question de partage du pouvoir ou de la propriété.

Les coopératives restent, comme à l’époque d’Adéodat Boissard, assez peu développées et ne constituent pas un rêve partagé, une utopie concrète. Nous nous trouvons donc dans une situation où non seulement une grande partie des travailleurs reste subordonnée au pouvoir de l’employeur (le pouvoir de mobiliser le travail d’autrui à son profit et plus précisément de donner des ordres, de contrôler leur exécution et de sanctionner les manquements) mais où les contre-pouvoirs nécessaires, qui prennent leur source dans le code du travail et s’incarnent dans les syndicats, se réduisent chaque jour un peu plus comme les récentes ordonnances en témoignent.

Et pourtant, malgré l’expansion quantitative et qualitative du salariat, malgré les échecs des tentatives autogestionnaires, les arguments philosophiques en faveur d’une démocratisation de l’entreprise ne manquent pas, que celle-ci passe par le renforcement du pouvoir des syndicats (monopole de négociation, présence dans les conseils d’administration) ou par la participation des salariés associés à la propriété comme dans le cas des coopératives.

En 1985, le professeur de sciences politiques Robert A. Dahl rappelait dans A Preface to Economic Democracy que les travailleurs ont un droit moral à participer à la gestion de l’entreprise, et que toute organisation doit être gouvernée par ceux qui sont concernés. On sait qu’il a souvent été répondu à cela que l’entreprise appartenait à ses actionnaires, et que le risque pris par ceux qui apportent le capital devait être récompensé.

Il me semble qu’au moment même où les nécessaires contre-pouvoirs dévolus aux salariés se réduisent dans notre pays, et qu’il apparaît clairement que le modèle qui nous est proposé ne ressemble en rien au «modèle» nordique ou allemand (les syndicats y ont en effet un monopole de négociation, sont présents dès le seuil de cinq salariés, et les représentants des salariés sont présents au conseil d’administration, occupant entre le tiers et la moitié des sièges selon les cas), un certain nombre de chercheurs renouent avec l’inspiration de Robert A. Dahl et amènent des ressources susceptibles de redonner à ce débat central son importance.

Non, les actionnaires ne sont pas les propriétaires de l’entreprise, explique Jean-Philippe Robé, non, la fonction de l’entreprise n’est pas exclusivement de faire du profit, continuent Blanche Segrestin et Armand Hatchuel, oui, l’entreprise qui veut motiver ses salariés doit leur permettre de participer pleinement aux grandes décisions stratégiques soutiennent Jean-Louis Beffa ou Olivier Favereau. On peut aussi estimer que le risque de perdre son emploi encouru par certains salariés est plus grand que celui de perdre sa mise en capital pour l’actionnaire, qui peut se terminer par la liquidation judiciaire ou la fermeture d’une société à responsabilité limitée.

Récemment, la philosophe Isabelle Ferreras a proposé, en se fondant sur le désir de justice des salariés et sur leur aspiration à exercer un travail expressif, une véritable révolution : que les dirigeants de l’entreprise soient élus par la «chambre du travail» et la «chambre du capital». Cela fait bien sûr penser à la cogestion à l’allemande, une cogestion encore plus rigoureuse que celle qui existe et généralisée. A la lecture de ces auteurs, cette configuration, qui organise la coexistence des intérêts des deux parties paraît, à l’instar de la généralisation d’un modèle de producteurs associés, éminemment légitime.

Si comme le prévoyait Tocqueville, la revendication de démocratisation devait concerner finalement toutes les institutions, on ne voit pas pourquoi l’entreprise y échapperait. La question est sans doute de savoir aujourd’hui si les coups de boutoir donnés au salariat sont plutôt susceptibles d’alimenter ce type de revendication ou de lui porter un coup fatal en ouvrant les vannes d’un auto-entreprenariat pour l’instant radicalement individualisé.

(1) «Contrat de travail et salariat» : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56522768

Dominique Méda directrice de l’Irisso, université Paris-Dauphine, auteure du Que sais-je ? «Le Travail», (PUF)

Publié dans : Libres Propos | le 12 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Les promesses de Jonas…hum ! (12/09/2017)

Publié dans : INFORMATION | le 12 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Bien joué Jonas…………………….(12/09/2017)

  • Impôts

Les PEL ouverts à partir de janvier 2018 seront taxés de 30% dès la première année, annonce Bruno Le Maire

Les plans épargne-logement ouverts à partir de janvier 2018seront soumis à un impôt forfaitaire de 30% dès la première année, détaille le ministre de l’Economie, dans une interview aux « Echos ».

Bien joué Jonas.........................(12/09/2017) dans Impôts 13274729
(JULIEN MATTIA / NURPHOTO)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le 12/09/2017 | 07:35
publié le 11/09/2017 | 22:25

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LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin
imageil y a 12 minutesMobilisation contre la réforme du Code du travail : le point sur les perturbations

Les plans épargne-logement (PEL) ouverts à partir de janvier 2018 seront soumis à un impôt forfaitaire de 30% dès la première année, tout comme l’assurance-vie au-delà de 150 000 euros placés par personne, annonce le ministre de l’Economie.

Concernant les « plans ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts produits jusqu’à la veille du 12e anniversaire du PEL resteront exonérés d’impôt sur le revenu. En revanche, les intérêts produits après 12 ans seront imposés » au prélèvement forfaitaire unique (PFU) à hauteur de 30%, précise Bruno Le Maire dans un entretien au quotidien économique Les Echos, publié lundi 11 septembre. L’encours des PEL, à fin 2016, atteignait 259,4 milliards d’euros, un niveau quasiment équivalent à celui du Livret A.

« Mauvais procès »

Le ministre a par ailleurs clarifié le projet gouvernemental en matière d’assurance-vie, confirmant que l’imposition forfaitaire de 30% s’appliquerait au-delà de « 150 000 euros d’encours nets, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300 000 euros pour un couple. »  »Le PFU ne s’appliquera qu’aux revenus produits par la fraction des encours supérieure à ces seuils », ajoute le ministre

En-deçà de ces montants, « les détenteurs de contrats d’assurance-vie n’ont aucune raison de s’inquiéter. Rien ne change pour les revenus produits par les versements antérieurs à la réforme, quel que soit leur montant », garantit Bruno Le Maire, pointant un« mauvais procès » fait au gouvernement.

Par ailleurs, « les autres avantages fiscaux sont maintenus, à l’instar du régime favorable sur les successions et des abattements de 4 600 et 9 200 euros après 8 ans de détention », souligne-t-il.

Publié dans : Impôts | le 12 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Les grèves du jour…………………..(12/09/2017)

Mobilisation contre la réforme du Code du travail : le point sur les perturbations

Les opposants à cette réforme manifestent mardi. Voici un tour d’horizon des perturbations.

Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine). (MAXPPP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le 12/09/2017 | 08:29
publié le 11/09/2017 | 13:01

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imageil y a 56 secondesMobilisation contre la réforme du Code du travail : le point sur les perturbations

C’est la première mobilisation d’ampleur contre la réforme du Code du travail depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Un préavis de grève a été déposé par la CGT, SUD, FO et Unsa dans le cadre du mouvement de protestation contre les ordonnances réformant le Code du travail. Des manifestations sont également prévues dans plusieurs dizaines de villes en France, dont Paris, Marseille et Lyon, mardi 12 septembre, à l’initiative de la CGT, de Solidaires et de la FSU. Plus de 180 manifestations et 4 000 appels à la grève ont été recensés au total par la CGT.

>> Suivez notre direct : Les opposants à la réforme du Code de travail sont dans la rue

La CGT a d’ores et déjà prévu une deuxième journée de mobilisation le 21 septembre, la veille de la présentation des ordonnances au Conseil des ministres. Pour sa part, la France insoumise organisera une journée de manifestations le 23 septembre, contre le « coup d’Etat social » d’Emmanuel Macron. Et la FSU a proposé une journée d’action « au mois d’octobre ».

En attendant, franceinfo fait le point sur les perturbations en cours ce mardi 12 septembre.

Dans les transports ferroviaires

A la SNCF et à la RATP, CGT et SUD appellent à la grève. A la SNCF, les syndicats non représentatifs FO et First appellent aussi à se mobiliser.

En Ile-de-France. Le trafic des RER et des Transilen est perturbé depuis lundi soir, selon la SNCF qui annonce un trafic normal des TGV, Thalys et Eurostar.

La SNCF prévoit un train sur deux seulement sur le RER B, comme sur la ligne R du Transilien, et 2 trains sur 3 sur les lignes C et D. Les autres lignes de banlieue N et U sont un peu moins perturbées avec respectivement 3 trains sur 4 et 4 trains sur 5.

De son côté, la RATP annonce une circulation normale dans le métro, « quasi normale » pour les bus et le tram, deux trains sur trois pour le RER A.

Dans les autres régions. Certains TER sont affectés, ajoute la SNCF sans plus de précision sur les régions concernées, en invitant les voyageurs à consulter ses sites internet préalablement à leurs déplacements. De même, sur le réseau Intercités, selon les destinations, les prévisions vont de 1 train sur 2 à 9 trains sur 10. Le trafic sera, comme en région parisienne, normal sur les TGV et les Thalys.

Concernant les transports en commun.

- A Lyon (Rhône), TCL annonce une circulation « légèrement perturbée ». Les métros et funiculaires circulent normalement, selon les Transports en commun lyonnais, mais les lignes T1 et T2 circulent à une fréquence moindre, soit un passage toutes les 7 minutes.

- A Marseille (Bouches-du-Rhône),  la régie des transports métropolitains (RTM) annonce de « très faibles perturbations » sur les métros et tramways, et « un bus sur deux en moyenne, variable d’une ligne à l’autre. »  

- A Montpellier (Hérault), aucun service sur les lignes de bus 23,24, 25 et 26, et des perturbations sur la ligne 20.

- A Nantes (Pays-de-la-Loire), le service sera allégé en horaires de vacances pour le tram et pour plusieurs lignes de bus

A Nice (Alpes-Maritimes), aucun tram ni bus ne circulera aujourd’hui.

- A Rennes (Ile-et-Vilaine), le métro circulera normalement, mais aucun bus ne roulera après 21h. Des perturbations sur le réseau de bus sont également à prévoir en journée.

- A Strasbourg (Bas-Rhin), les lignes A, B, C et D du tram circulent normalement. La fréquence de passage de la ligne E est réduite, et la ligne F ne circule pas.

- A Toulouse (Haute-Garonne), les transports en commun seront perturbés dans l’après-midi à partir de 13 h 30, précise La Dépêche. Les lignes de bus L1, L7, L8, 14, 15, 23, 29,31, 38, 39, 42, 44, 45, 63 et 70 ainsi que la Navette Aéroport sont déviées. La Navette en centre-ville sera suspendue, précise le quotidien régional. Le métro et le tram ne devraient pas être concernés.

 

Dans les écoles

Le mouvement social est également suivi dans l’Education nationale. Plusieurs écoles seront fermées, et des cantines scolaires ne seront pas assurées, mardi.

- A Nice (Alpes-Maritimes), plusieurs cantines scolaires ne sont pas assurées, précise Nice Matin.

- A Toulouse (Haute-Garonne), la restauration scolaire n’est pas ouverte non plus,  selon La Dépêche.

La fermeture de la restauration scolaire concerne des maternelles et écoles élémentaires dans plusieurs villes en France, comme par exemple à Mantes-la-Ville (Yvelines), précise Le Parisien.

Dans le transport aérien

Chez les contrôleurs aériens, l’Usac-CGT appelle à s’opposer « par la grève et dans les manifestations » au « démantèlement du Code du travail ». Le préavis déposé par le premier syndicat de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ne devrait pas entraîner de perturbation, selon l’aviation civile qui doit affiner ses prévisions dimanche.

Chez Air France, CGT, FO et SUD ont déposé des préavis de grève pour le 12 septembre, ce dont la compagnie « a pris note », estimant « qu’il est trop tôt pour se prononcer sur l’impact éventuel de ce mouvement sur le programme de vol de la compagnie ».

La compagnie aérienne Ryanair a annoncé l’annulation de 110 vols.

Dans le secteur de l’énergie

Dans le secteur pétrolier, la FNIC-CGT appelle au débrayage. « Pas une goutte de produit pétrolier ne doit sortir de nos raffineries, de nos dépôts », écrit la FNIC-CGT. La fédération FO chimie appelle également à la grève.

Idem dans l’énergie, où la CGT (syndicat majoritaire) et FO appellent à la mobilisation. L’alliance Unsa-CFE-CGC Energies appelle aussi à rejoindre le mouvement, car les salariés des industries électriques et gazières « seront directement touchés demain ».

Dans la fonction publique

Même si la réforme du Code du travail concerne le secteur privé, la CGT, Solidaires et la FSU ont appelé à la mobilisation. Ce sera notamment le cas dans les hôpitaux.

Les fédérations FO couvrant la Fonction publique hospitalière et la fonction publique territoriale ont déposé un préavis de grève qui court du 11 septembre au 11 octobre « sous le signe de la résistance syndicale contre toutes les attaques subies » dont le « gel du point, la hausse de la CSG, le rétablissement du jour de carence, les coupes budgétaires sur les collectivités et établissements, les attaques portées contre le statut des fonctionnaires ».

Publié dans : GREVES | le 12 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Sanctions………………………..(12/09/2017)

Publié dans : Etranger | le 12 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Merci Jupiterarien……………………..(11/09/2017)

Publié dans : Economie | le 11 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/09/2017)

Libération 11 septembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Fainéants de tous les pays…

L’appel à la manifestation lancé d’Athènes par Emmanuel Macron contre la loi travail est voué à rencontrer un remarquable succès. Voilà un homme qui, s’il n’avait pas été président, aurait fait un grand leader syndical… En fustigeant «les fainéants, les cyniques et les extrêmes» qui s’opposent à lui, il était sûr de réunir dans la rue une vaste coalition de Français. Certes, les cyniques s’abstiendront cyniquement de défiler et les extrêmes étaient extrêmement décidés à y aller de toutes manières. Mais c’est l’adjonction des «fainéants» qui donne à l’appel toute sa vigueur et toute sa profondeur. C’était en tout cas le meilleur moyen de faire nombre…

Après coup, l’entourage s’est répandu pour expliquer que le président n’avait pas visé les manifestants ou les syndicalistes, et encore moins les salariés en général, mais plutôt, comme il l’avait déjà fait, ceux qui, selon lui, n’ont pas fait les réformes, autrement dit ses prédécesseurs, leurs ministres ou leurs conseillers… parmi lesquels on trouve un certain Emmanuel Macron. Mais aujourd’hui lundi, le président lui-même a corrigé la correction – pauvres communicants ! – en déclarant crânement qu’il ne regrettait rien et que le mot «fainéant» visait «tous ceux qui s’opposent aux réformes» et donc, par définition, les manifestants.

Au fond peu importe : en politique, ce n’est pas l’intention qui compte, in fine, c’est l’effet produit. Or, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est désastreux. D’autres «fainéants» l’ont pris pour eux, dont Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, jusque là très modéré. Le chose est logique. L’adjectif fait partie des invectives les plus éculées qu’on entendait dans les cercles bourgeois d’antan, et qu’on entend peut-être encore.

Du coup, l’effet sur la manif de demain est garanti. Viendront bien sûr les «syndicalistes fainéants», qui passent leur temps à distribuer des tracts et à se réunir dans des salles enfumées au lieu de tenir leur poste. Se mobiliseront les «fonctionnaires fainéants» qui se parent de leurs manches de lustrine pour confectionner toute la journée des cocottes en papier. Se joindront encore les «ouvriers fainéants» jetés dans la paresse par les 35 heures ou les «chômeurs fainéants» grassement rémunérés par Pôle emploi, qui se prélassent jour et nuit en envoyant des CV sans réponse ou bien, pour occuper leur temps d’oisiveté, se rendent à des entretiens d’embauche sans résultat. Répondront enfin à l’appel tous les «gens qui ne sont rien», selon l’autre formule présidentielle, guère plus adroite, et qui forment la masse immense et indistincte des ratés, des losers, des bras cassés, des tocards, des sous-doués, des surclassés, des ratatinés, bref de tous les exclus de la geste héroïque du macronisme triomphant. On voit que cela fait du monde… Mais comme la manifestation sera couverte par une horde archaïque de «journalistes ringards», selon la troisième formule du président délivrée pendant la campagne à son chroniqueur Philippe Besson, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de ces remugles du «vieux monde»…

Il y a une part d’injustice dans cette affaire : Emmanuel Macron, avant sa sortie devant les Français de l’étranger, avait fait un bon discours sur l’Europe. Plusieurs propositions neuves y figuraient, notamment cette idée de présenter des listes transnationales, qui bouleverserait le jeu habituel des élections au Parlement de Strasbourg. Un seul mot a tout balayé. Mais c’est le revers d’une autre médaille : la parole transgressive, qui focalise le débat public. Emmanuel Macron doit précisément à ses transgressions, sur les 35 heures, sur les «illettrés», sur l’ISF («Cuba sans le soleil»), son émergence sur la scène politique. Comme souvent, le président qui vient d’être élu considère que sa méthode est la bonne (puisqu’il a été élu…) Du coup, il poursuit dans la même veine, quoi qu’en disent ses conseillers en communication. Nicolas Sarkozy avant lui avait continué comme président à s’exprimer comme il faisait quand il était candidat (le «Kärcher», «j’y pense, pas seulement en me rasant», etc.). Mais une fois à l’Elysée, ce qui semblait provocation salutaire devient gaffe ravageuse. Vérité en deçà de l’élection, erreur au-delà…

Et aussi

• Après les meetings holographiques de la France insoumise, les socialistes ont réussi à franchir un pas technologique supplémentaire : ils ont inventé le parti invisible. Un parti sans leader, sans programme, sans ligne politique et bientôt sans siège central. Son mot d’ordre face à la loi travail est un modèle d’action furtive, comme ces avions qu’on ne peut pas détecter sur les radars : nous sommes contre mais aussi un peu pour ; nous manifesterons, à moins que nous restions chez nous. Ils s’étonnent ensuite de ressentir un sentiment d’effacement. Pourtant leur espace politique existe : entre la gauche radicale et le macronisme de plus en plus décentré vers la droite. Mais pour l’instant, c’est un espace vide. Et comme on sait, la nature (politique) en a horreur.

• Le fils de Pablo Escobar, un des narcos les plus sanguinaires de l’histoire, n’aime plus qu’on plaisante avec la cocaïne. Il a vivement reproché à Thierry Ardisson d’avoir sorti un sachet de poudre blanche à la fin de l’interview qu’il lui a donnée samedi dernier. Il faut dire le fils a renié son père et ne cesse de mettre en garde contre le trafic de coke. L’animateur a rétorqué qu’Escobar manquait d’humour. Certes. La blague, au demeurant, n’est guère pendable. Mais elle pose un problème plus vaste. On dénonce à juste titre les conditions dans lesquelles certains produits de grande consommation sont fabriqués, hors de toute norme sociale ou environnementale, comme certains vêtements diffusés dans les pays riches et confectionnés en fait par des enfants des pays pauvres ou par des travailleurs soumis à des conditions de travail inhumaines. Curieusement, la cocaïne échappe à cette interrogation. On oublie le plus souvent de se demander combien de meurtres, de chantages, d’enlèvements, d’actions de corruption, de tortures à mort pratiquées par les narcos, se cachent derrière chaque kilo de cocaïne qui arrive sur le marché occidental. Est-ce parce que la poudre blanche, festive et excitante à souhait, est souvent consommée dans des milieux médiatiques ou financiers ? Voilà une enquête qu’Ardisson l’iconoclaste pourrait commander pour une de ses émissions…

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 11 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Ce qui attend les « fainéants »…………………..(11/09/2017)

Les manifestations et grèves contre la réforme du code du travail.

C’est la première mobilisation sociale pour le quinquennat d’Emmanuel Macron et sa ministre du Travail Muriel Pénicaud: plusieurs manifestations, grèves et autres événements débutent mi-septembre 2017 pour protester contre les ordonnances réformant le droit du travail. Mais le front syndical est en ordre dispersé: le 12 septembre, la CGT et Solidaires appellent à une journée d’action dans toute la France, que FO décline. D’autant que, côté politique, Jean-Luc Mélenchon tente de récupérer cette fronde sous la bannière de son parti en défilant le 23 septembre. Le pari est grand pour les syndicats: la précédente grande mobilisation sociale contre la loi travail de 2016 n’avait pas fait reculer les gouvernements de l’époque. Et ces nouvelles ordonnances sont une promesse de campagne d’Emmanuel Macron qui n’a pas l’intention de céder.

Philippe Martinez, leader de la CGT, lors d'une manifestation aux Invalides contre la réforme le 27 juin 2017.
Philippe Martinez, leader de la CGT, lors d’une manifestation aux Invalides contre la réforme le 27 juin 2017.

MaxPPP/Sadak Souici / Le Pictorium

Finie la désunion, Mélenchon et Hamon font front commun contre Macron

Finie la désunion, Mélenchon et Hamon font front commun contre Macron

Après l’impossible entente pendant la présidentielle, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon filent le parfait amour. Ils s’uniront dans la rue le 23 septembre prochain.

Mobilisation du 12 septembre: les trafics des RER A et B perturbés

Mobilisation du 12 septembre: les trafics des RER A et B perturbés

Deux trains sur trois circuleront mardi 12 septembre sur la ligne A du RER et un train sur deux sur la ligne B, suite à la journée de mobilisation contre les ordonnances.

Loi travail: Benoît Hamon participera à la manifestation de la France insoumise

Loi travail: Benoît Hamon participera à la manifestation de la France insoumise

L’ancien candidat socialiste a confimé ce jeudi matin son intention de participer à la manifestation du 23 septembre contre la réforme du code du travail.

Réforme du code du travail: les cinq mesures qui révoltent les syndicats

Réforme du code du travail: les cinq mesures qui révoltent les syndicats

Ils n’appellent pas tous à manifester ce 12 septembre, mais s’accordent sur un point: plusieurs dispositions des ordonnances vont trop loin.

Contre les ordonnances, le PS dégaine un tract

Contre les ordonnances, le PS dégaine un tract

Le bureau politique du PS a décidé de soutenir « toutes les démarches syndicales qui iront contre les ordonnances » sur le code du travail, sans pour autant y participer.

Réforme du travail: FO juge certaines dispositions "inacceptables"

Réforme du travail: FO juge certaines dispositions « inacceptables »

La direction du syndicat juge que certains éléments de la réforme constituent une « régression sociale ». Une position plus tranchée que celle de Jean-Claude Mailly, patron de FO.

Manifester ou non, le dilemme du PS contre la réforme du code du travail

Manifester ou non, le dilemme du PS contre la réforme du code du travail

Les socialistes se retrouvent ce lundi soir à Solferino pour un bureau national au cours duquel ils tenteront d’établir une ligne au sujet de la loi travail. Complexe.

Réforme du code du travail: divisés, les syndicats cherchent la parade

Réforme du code du travail: divisés, les syndicats cherchent la parade

Les ordonnances les bousculent, mais ils sont bien loin d’une stratégie commune pour les combattre.

VIDÉO. "Comment s'opposer à la réforme du travail par ordonnance?"- L'édito de Christophe Barbier

VIDÉO. « Comment s’opposer à la réforme du travail par ordonnance? »- L’édito de Christophe Barbier

Ceux qui ne se retrouvent pas dans la réforme de la loi Travail engagée par Emmanuel Macron ont du mal à trouver le moyen de s’y opposer.

Les Français en majorité opposés à la réforme du droit du travail

Les Français en majorité opposés à la réforme du droit du travail

A peine 36% des Français pensent que les ordonnances réformant le droit du travail vont « améliorer la croissance » et 31% qu’elles vont « permettre de réduire le chômage ».

Code du travail: les opposants politiques au taquet, ou en miettes

Code du travail: les opposants politiques au taquet, ou en miettes

Facebooklive, conférence de presse, préparation des manifestations: à quelques heures de la publication des ordonnances réformant le code du travail, les oppositions sont dans les starting-blocks.

"En écoutant les syndicats, le gouvernement les a divisés" - L'édito de Christophe Barbier

« En écoutant les syndicats, le gouvernement les a divisés » – L’édito de Christophe Barbier

Le gouvernement présente jeudi la nouvelle réforme du code du travail. Avec un peu de retard, mais une méthode de dialogue bien pensée.

Réforme du travail: Mélenchon est "une chance", estime Macron

Réforme du travail: Mélenchon est « une chance », estime Macron

Selon Le Canard Enchaîné, le chef de l’Etat se réjouit que Jean-Luc Mélenchon incarne l’oppositon à la loi Travail. Il le voit comme un rival aux syndicats.

La CGT dans les starting-blocks contre la "loi Travail XXL"

La CGT dans les starting-blocks contre la « loi Travail XXL »

Lors de sa conférence de presse de rentrée, ce 29 août, Philippe Martinez a promis une mobilisation en plusieurs étapes, pour combattre un projet de réforme « régressif « .

Code du travail: "La méthode du gouvernement a anesthésié les syndicats"

Code du travail: « La méthode du gouvernement a anesthésié les syndicats »

Pour la dernière fois, la semaine passée, le ministère du Travail a fait mine de consulter les syndicats. Un jeu de dupes.

Contre le "coup d'état social", Mélenchon annonce un rassemblement à Paris

Contre le « coup d’état social », Mélenchon annonce un rassemblement à Paris

Le leader de la France insoumise veut amener dans la rue la protestation contre la réforme du code du travail par ordonnance. Un rassemblement est prévu le 23 septembre.

L’EXPRESS

Publié dans : GREVES | le 11 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Manifestations du 12/09/2017…………….(11/09/2017)

Manifestations du 12/09/2017................(11/09/2017) dans Politique
Nadine
11 septembre, 10:20
Robert Alfonsi

« De bonnes raisons pour aller manifester .
Le CDD ne relève plus de la loi mais des branches ( il y en a 700 …)
Les groupes multinationaux ne seront plus solidaires de leurs entités françaises en cas de difficultés .
Le référendum d’initiative patronale est introduit dans les ordonnances .
Le CDI de chantier , privera entre autre les salariés de la prime de précarité après la fin de la mission et aggravera la précarité .
La rupture conventionnelle collective évitera de passer par la case PSE avec toutes les obligations qu’elle entraine pour le patronat .
Les indemnités prudhommales seront plafonnées même en cas de licenciement abusif .
Une partie non négligeable de la rémunération ( primes d’ancienneté , 13 ème mois ) ne dépendra plus de la branche mais de l’entreprise . Aggravant la pression au dumping social par les donneurs d’ordres .
Les entreprises de moins de 50 salariés pourront éviter de négocier avec un syndicat .
Dans celles de moins de 10 la négociation pourra se faire avec un salarié lambda , y compris désigné par l’employeur .
Près de 8 millions de salariés seront ainsi privés de représentants syndicaux .
Ce sont toutes les conquêtes de mai 68 et les avancées des lois Auroux qui sont rayées d’un trait de plume par Macron et sa majorité .
Avec cette philosophie revendiquée .
 » le rôle de la norme sociale n’est plus de combattre les inégalités , mais de créer les conditions de la liberté de produire  » .
Les mobilisations qui commencent demain , dépassent le seul cadre des ordonnances .
Macron pose la première pierre à un projet de société , qui rompt avec notre modèle , celui de la République sociale qui est le ciment de notre pays .
Alors nous savons ce qui nous reste à faire .
Le combattre , pied à pied , lui , sa majorité , leur politique .
Ça commence demain … »

Publié dans : Politique | le 11 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Merci qui ? Mais oui, Nadine ! (11/09/2017)

Merci qui ? Mais oui, Nadine !                            (11/09/2017) dans HISTOIRE
Nadine
11 septembre, 06:32
BILLET DE LA SEMAINE

Du Lundi 11 septembre au dimanche 17 septembre 2017

8-13 octobre 1906
La Charte d’Amiens fonde le syndicalisme révolutionnaire

Le 8 octobre 1906 s’ouvre à Amiens le congrès de la Confédération Générale du Travail (CGT), qui groupe 2400 syndicats français et deux cent mille adhérents. Cinq jours plus tard en sort une motion qui va entrer dans l’Histoire syndicale sous le nom de Charte d’Amiens.
Ce texte très court (2000 signes) définit encore aujourd’hui en théorie les objectifs du syndicalisme français, en radicale opposition avec les syndicalismes allemand et britannique.

Révolutionnaire ou réformiste ?
La CGT est née à Limoges en 1895, à peine plus de dix ans après la légalisation des syndicats ouvriers. Au départ simple association de quelques fédérations nationales de syndicats, elle se structure et se renforce au congrès de Montpellier, en 1902.
Ses effectifs bondissent à plus de cent mille membres sous l’impulsion de son secrétaire général Victor Griffuelhes, un ancien militant anarchiste.
Il organise le 1er mai 1906 la première grève générale pour la journée de huit heures. Ce coup d’éclat met le monde syndical en ébullition, d’autant qu’il survient juste après la catastrophe de Courrières et la répression des mineurs par l’armée.
L’année précédente, la sphère politique a vu naître le premier parti constitué comme tel : la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Ce parti est dirigé par Jules Guesde et se réclame du marxisme.
Partageant peu ou prou les mêmes convictions, syndicalistes et militants politiques s’interrogent sur la meilleure façon de les promouvoir.
Jules Guesde s’est violemment opposé à Alexandre Millerand en 1899 quand ce « socialiste indépendant » a choisi de participer au gouvernement « bourgeois » de Pierre Waldek-Rousseau.
Il souhaite faire de son parti, avec le concours de la CGT, le fer de lance de la révolution à venir. Mais au sein de la confédération syndicale, les « guesdistes » sont nettement minoritaires.
Ils doivent compter avec les réformistes qui veulent se cantonner dans des revendications purement syndicales pour l’amélioration des conditions de travail et des rémunérations.
Quant à la mouvance anarchiste regroupée autour de Victor Griffuelhes, elle prône une action révolutionnaire, à l’écart des partis politiques, avec rien moins que l’objectif de renverser la société capitaliste et de confier l’outil de production aux syndicats !

Le débat va être tranché au congrès d’Amiens au profit des derniers !
Victoire en trompe-l’œil du syndicalisme révolutionnaire
Le IXe congrès confédéral réunit plus de 800 délégués dans l’école publique du faubourg de Noyon, à Amiens. Trois motions sont débattues. Celle des « guesdistes », présentée par la Fédération du Textile, est mise en minorité par la coalition contre nature des réformistes et des anarchistes.
La motion réformiste, présentée par la Fédération du Livre, exprime « le caractère exclusivement économique de l’organisation syndicale ». Mais elle est retirée par ses promoteurs qui veulent plus que tout rester à l’écart des partis politiques. Ils se rallient donc à la motion de Victor Griffuelhes, laquelle préconise la grève générale comme moyen de faire triompher la révolution et « l’expropriation capitaliste ».
Après une semaine de débats est donc votée ladite motion. Elle obtient 830 voix sur 839 !
Mais même si elle est acceptée à la quasi-unanimité des congressistes, n’y voyons pas le reflet des aspirations de la classe ouvrière ou des huit millions de salariés français car les délégués présents à Amiens représentent en tout et pour tout un millier de syndicats et beaucoup sont des néophytes qui ont reçu un mandat en blanc d’un ou même plusieurs syndicats…

Publié dans : HISTOIRE | le 11 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »
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