La l:ettre de Laurent Joffrin…………..(22/03/2017)

Libération

22 mars 2017
Laurent Joffrin
La lettre de campagne
de Laurent Joffrin

Ça n’a pas duré longtemps

Les affaires reprennent. On avait à peine commencé à s’intéresser au fond des choses qu’un nouveau pic de pollution vient empuantir l’atmosphère politique. Deux grands meetings à gauche, Macron sur France 2, un débat de qualité sur TF1, n’ont pas suffi à remettre la campagne sur les rails. Bruno Le Roux s’est fait rattraper par la patrouille de Yann Barthès. Il a employé ses deux filles adolescentes pour une trentaine de CDD parlementaires. Funestes jobs d’été… Sa défense était quasi impossible. Il n’est pas très reluisant, surtout quand on est socialiste, de faire travailler les enfants. Et si ces jeunes personnes ne travaillaient pas, ce sont deux emplois fictifs. Dans les deux cas, le ministre était fait aux pattes. Il a démissionné en vingt-quatre heures. Le même jour, les juges qui traitent l’affaire Fillon décident d’un réquisitoire supplétif pour «faux et usage de faux» et «escroquerie en bande organisée». Une paille… Les juges soupçonnent le couple (madame ou monsieur, on ne sait…) d’avoir fourni des documents truqués pour justifier les salaires de Penelope Fillon. De mieux en mieux, même si, comme toujours, ils doivent bénéficier de la présomption d’innocence. Avec cette nuance entre les deux affaires, toutefois : Le Roux est parti, Fillon reste.

Les pessimistes diront que la corruption de la classe politique est décidément sans limite, que c’est un petit monde de privilèges médiocres et de passe-droits condamnables, qu’ils ne touchent pas tous mais que tous sont suspects. Tous pourris ? Selon les enquêtes d’opinion, les trois quarts des Français le pensent. Angoisse…

Les optimistes relèveront que, sous la pression des scandales Cahuzac et consorts, François Hollande a pris des mesures utiles et sensées, comme la déclaration obligatoire de patrimoine ou l’instauration d’un parquet financier. Et qu’il a aussi refusé d’intervenir dans les affaires judiciaires, même quand elles gênaient son camp, ce que beaucoup de magistrats reconnaissent. C’est sur ces nouveaux garde-fous, utilisés par la presse pour appuyer ses enquêtes, que François Fillon ou Bruno Le Roux se sont cognés, à leur grand dam. Ainsi la corruption ne serait pas plus forte qu’avant, mais seulement mieux réprimée. L’hypothèse devrait être prise au sérieux. Après tout, les optimistes n’ont pas toujours tort.

Et aussi…

• Poignant, conseiller de Hollande, rejoint Macron. Le Drian devrait officialiser son ralliement en fin de semaine. Delanoë avait ouvert la voie. La macronisation bat son plein. Remarque désagréable, néanmoins : ces trois responsables sont en fin de carrière. Les vieux socialistes avec Macron, les jeunes avec Hamon ?

• Frédéric Chatillon, organisateur du financement FN, mis en examen dans une affaire et renvoyé en correctionnelle dans une autre, est officiellement embauché dans la campagne de Marine Le Pen. Et alors ? répondent les responsables FN. C’est l’école Fillon. Les «antisystèmes» ne le sont pas toujours.

• Deux sondages placent Hamon derrière Mélenchon ou au même niveau. Inquiétude redoublée dans le camp socialiste, qui craint une gamelle historique et un éclatement subséquent du parti. Méfiance tout de même : les évolutions portent sur un ou deux points de sondage. Avec une marge d’erreur autour de deux points…

Laurent Joffrin
Publié dans : "AFFAIRES", Politique | le 22 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Triste sire………………………………(22/03/2017)

Poutine, Total, Makhzoumi : les nouvelles demi-vérités de François Fillon

Poutine, Total, Makhzoumi : les nouvelles demi-vérités de François Fillon
François Fillon en meeting à Caen le 16 mars 2017. ((CHARLY TRIBALLEAU / AFP))

Le 6 février, le candidat de la droite avait prétendu révéler les noms des clients de sa lucrative société de conseil. Mais sans mentionner Poutine, Total ou le milliardaire libanais Fouad Makhzoumi. Tout sauf un simple oubli…

Paul Laubacher Publié le 22 mars 2017 à 06h57
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Pour François Fillon, chaque mardi soir est un supplice. En fin d’après-midi, « le Canard enchaîné » fait son apparition dans les rédactions. Le lendemain, il est en kiosque… Et, presque chaque mardi depuis bientôt deux mois, de nouvelles révélations fracassantes viennent déglinguer la campagne du candidat de la droite décomplexée.

« C’est une rencontre à 50.000 dollars », résume « le Canard enchaîné » de ce mercredi 22 mars. Une coquette somme empochée en 2015 par François Fillon pour avoir joué les intermédiaires pour le milliardaire libanais Fouad Makhzoumi, qu’il a présenté à plusieurs personnalités susceptibles d’acheter ses pipelines… Vladimir Poutine et le patron de Total Patrick Pouyanné, pour ne citer qu’eux. L’existence du contrat avait été révélée une première fois par Mediapart.

Et pourtant, lors de sa conférence de presse du 6 février, François Fillon avait tenté une « opération vérité » pour sauver sa candidature. « L’Obs » avait déjà pointé les omissions, les flous et les mensonges de l’Ancien premier ministre. Et depuis, sa vérité d’alors s’est mué en semi-mensonges, ou en demi-vérités…

Gros plan sur les clients de  2F Conseil

Le 6 février, François Fillon n’a désigné que trois clients de sa société de conseil, 2F Conseil, activité qu’il assure avoir exercée  »en toute légalité » : l’assureur Axa, la société Fimalac et la banque Oddo. Le candidat affirme aussi n’avoir travaillé avec « aucune entreprise russe ni aucun organisme de ce pays ».

Faute de questions sur le sujet, il n’a pas précisé les missions réalisées auprès d’Axa, dont l’ancien PDG Henri de Castries est l’inspirateur du volet économique très libéral du programme de François Fillon. Ni surtout son rôle auprès de la société Fimalac, alors que son PDG Marc Ladreit de Lacharrière est directement impliqué dans l’un des volets de l’affaire d’emplois présumés fictifs de Penelope Fillon.

Le candidat de la droite a juré que « la liste de (ses) clients ne comprend aucune entreprise russe ni le gouvernement russe ni aucun organisme de ce pays ».

« Et toutes les conférences que j’ai donné en Russie l’ont été à titre gratuites »,  a-t-il encore précisé, affirmant avoir « toujours fait de la transparence une exigence ».

Pas de client russe ? Oui mais…

Le 31 janvier, le fidèle Bruno Retailleau, bras droit du candidat, avait déjà mené une opération déminage. Après les révélations sur l’emploi de Penelope Fillon, il s’agissait d’éteindre la polémique sur la société de conseil de l’ancien premier ministre, créée en 2012 au sortir de Matignon. Selon des révélations du « Canard enchaîné », cette société lui aurait permis de toucher 757.000 euros de salaire net depuis cette date.

Sur BFMTV et RMC, Bruno Retailleau avait rapporté sa conversation avec son patron : « Je l’ai questionné parce qu’il y a 15 jours le bruit courait que c’était même l’Etat russe, il m’a dit ‘Ecoute il n’y a pas une société russe, il n’y a pas un groupe russe, il n’y a pas l’Etat russe’, les choses sont claires ». Et d’enchaîner : « Non, rien avec la Russie ». Pas de clients russes ? « Non », aurait répondu le candidat, fustigeant une « fausse rumeur ». Et surtout « ce n’est pas Vladimir Poutine ».

Effectivement, ni la Russie ni Vladimir Poutine n’ont été des clients directs de François Fillon qui s’est contenté de jouer les intermédiaires. Mais le candidat de la droite n’a jamais précisé quel rôle il avait eu auprès de ses clients en Russie et avec Vladimir Poutine. Une nouvelle demi-vérité.

Pas de contrat avec Total ? Oui mais…

« On vous a mal renseigné. La société 2F Conseil n’a conclu aucun contrat avec la société Total, ni en 2012 ni à aucun moment », a répondu la chargée de communication de François Fillon au « Canard enchaîné ».  Une demi-vérité car François Fillon était  mandaté par Fouad Makhzoumi pour jouer l’entremetteur avec le PDG de Total, qui n’était autre que Patrick Pouyanné, son ancien directeur de cabinet alors qu’il était ministre des Télécommunications en 1995.

Pas de milliardaire libanais ? Oui, mais…

Sur ce point, François Fillon a commis un mensonge par omission. Lors de son opération « vérité » du 6 février, le député de Paris a donné quelques noms de clients de sa société : Axa, Fimalac, la banque Odo. Mais pourquoi ne pas évoquer Fouad Makhzoumi ?

Cet homme d’affaires qui se présente lui-même comme « l’ami » de François Fillon est « un sunnite ayant longtemps vécu en Arabie saoudite« , indique Mediapart. Le site Intelligence Online le qualifie de « poisson-pilote » de Fillon au Moyen-Orient.

Au Royaume-Uni, sa famille figure parmi les donateurs du parti conservateur. Lui-même a été lié au ministre de la Défense Jonathan Aitken, qui a dû démissionner en 1995, notamment pour n’avoir pas déclaré ses liens avec Makhzoumi. Quatre ans plus tard, il a été condamné pour parjure. François Fillon s’en souvient-il aujourd’hui ?

Paul Laubacher

Paul Laubacher

Paul Laubacher

Journaliste

L’OBS

Publié dans : "AFFAIRES" | le 22 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin………………….(22/03/2017)

EDITORIAL

Réaction

Par Laurent Joffrin — 21 mars 2017 à 20:46
  • Réaction

ÉditoLa symétrie était parfaite, et si commode aux partisans de François Fillon. Ainsi le ministre de l’Intérieur avait lui aussi employé ses proches (ses deux filles) pour un travail d’assistantes parlementaires dont la réalité ne semblait pas assurée. Ainsi la défense du candidat LR était soudain renforcée : ce qu’on lui reprochait à hauts cris était en fait une pratique courante, à droite et à gauche, un péché véniel dont on avait fait un crime, alors que les socialistes usaient des mêmes facilités. Et bien sûr, ajoutait-on, le Parquet national financier s’abstenait soigneusement de s’en mêler, stigmatisant l’un et ignorant l’autre. Il y avait donc bien deux poids, deux mesures, selon qu’on était ou non LR, et un acharnement suspect des médias.

Las ! Ce trop commode raisonnement s’est effondré en une journée. Le Parquet financier s’est aussi saisi du cas Le Roux, le Premier ministre a d’emblée pris une position rigoureuse et le ministre accusé a laissé la place aussitôt. Certes, il y avait bien suspicion de faute à gauche, comme à droite (quoique pour des montants très inférieurs). Mais la réaction du pouvoir hollandais contraste du tout au tout avec celui des dirigeants de la droite et de l’extrême droite : le ministre de l’Intérieur a perdu son poste en vingt-quatre heures. Marine Le Pen et François Fillon continuent à faire campagne comme si de rien n’était, jouant l’électorat contre l’éthique et la justice.

C’est encore un paradoxe de cette mandature Hollande. Ebranlé par l’affaire Cahuzac, le Président a fait voter un dispositif neuf qui fait progresser à grands pas, aux dires de toutes les ONG spécialisées dans ce domaine, la lutte contre la corruption en France. Il a resserré le filet : les poissons s’y prennent plus nombreux. Le Roux, après Fillon ou Le Pen, s’y est empêtré. Mais les deux derniers, contre toute morale, nagent toujours.

Laurent Joffrin

Liberation.fr

 

Publié dans : "AFFAIRES", Politique | le 22 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Ca n’a pas traîné…………………………(21/03/2017)

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  18h19
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Matthias Fekl remplace Bruno Le Roux au ministère de l’Intérieur. Suivez notre directBruno Le Roux, accusé d’avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires à de multiples reprises, notamment quand elles étaient au lycée, a annoncé sa démission mardi 21 mars à Bobigny. L’Elysée a par la suite indiqué le nom de son remplaçant : Matthias Fekl, anciennement secrétaire d’Etat au Commerce extérieur.
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Flash « franceinfo »…………………………..(21/03/2017)

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  19h54
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Affaires Fillon : l’enquête élargie à des faits d’ »escroquerie aggravée », de « faux et usage de faux »L’enquête sur les époux Fillon est élargie. L’information judiciaire, ouverte notamment pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, porte également sur des suspicions d’ »escroquerie aggravée », de « faux et usage de faux ». Un réquisitoire supplétif a été délivré aux juges d’instruction, le 16 mars, par le parquet national financier, a appris franceinfo, confirmant une information du Monde publiée mardi 21 mars.
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Ledébat vu par  » franceinfo »…………..(21/03/2017)

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21 mars 2017
Drapeau français Elections 2017
Les #5 infos de la présidentielle aujourd’hui
Le premier débat très suivi, l’émission des « petits » candidats fait pschitt, Le Roux rattrapé par des révélations…
le premier débat très suivi, l'émission des "petits" candidats fait pschitt, Le Roux rattrapé par des révélations...
Grands discours, petites phrases, propositions chocs ou anecdotes… Chaque jour, jusqu’au 7 mai 2017, date du second tour de l’élection présidentielle, franceinfo résume ce qu’il ne faut pas rater de l’actualité de la campagne. Voici l’essentiel à retenir de ce mardi 21 mars.

#1 Cinq candidats et un premier débat très suivi

Succès d’audience pour TF1 : le premier débat télévisé entre François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon a attiré 9,8 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 48% de part d’audience, selon Médiamétrie.

Pendant trois heures et demie, cet exercice – inédit avant un premier tour – a réservé son lot de piques et de phrases chocs. Qui a tiré son épingle du jeu ? Que faut-il retenir de ce débat ? Franceinfo vous résume les temps forts de cette soirée pour chacun des candidats présents. Selon deux sondages réalisés juste après l’exercice, c’est Emmanuel Macron qui a été le plus convaincant.

#2 Arthaud et Cheminade font débat à part, Dupont-Aignan va chez Hanouna

Privés de débat sur TF1, les « petits » candidats (si l’on se fie aux sondages) avaient été conviés par Explicite, média fondé par les anciens d’i-Télé. Mais le débat alternatif a tourné court : Philippe Poutou a été retenu à Blanquefort (Gironde) pour des discussions avec les salariés de son usine Ford. François Asselineau (UPR) et le centriste Jean Lassalle ont décliné l’invitation. Nicolas Dupont-Aignan a préféré se rendre sur le plateau de « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna, sur C8. Un passage de quelques minutes dans une émission de divertissement où « on ne parle pas de politique », a rappelé l’animateur.

Finalement, seuls les candidats de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud et du parti Solidarité et progrès Jacques Cheminade ont échangé face aux journalistes d’Explicite dans un direct retransmis sur les réseaux sociaux.

 

#3 Le Roux rattrapé par des révélations sur ses filles employées à l’Assemblée

Deux mois après le début de l’affaire Fillon, le ministre de l’Intérieur est en difficulté. L’émission « Quotidien », sur TMC, a révélé, lundi soir, que Bruno Le Roux a employé ses deux filles adolescentes à l’Assemblée nationale. Elles ont été embauchées à partir de leurs 15-16 ans, pendant les vacances scolaires, entre 2009 et 2016. Interrogé par l’émission, le socialiste a reconnu des CDD ponctuels, alors qu’il était député de Seine-Saint-Denis : « Pour faire un boulot d’été. (…) Pas d’amalgame [avec l’affaire Fillon]. » A la suite de ces révélations, le Premier ministre a annoncé qu’il allait rencontrer Bruno Le Roux ce mardi.

#4 Pompili, première membre du gouvernement à soutenir Macron

Elle est la première membre du gouvernement à officiellement se rallier au candidat d’En marche !. « J’ai décidé d’apporter mon soutien à la démarche, au projet et donc à la candidature d’Emmanuel Macron », a expliqué la secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, Barbara Pompili, ce matin sur franceinfo. « Voter Emmanuel Macron, c’est un peu la mesure d’urgence pour éviter de se retrouver face à une droite très en régression et au Front national au second tour », se justifie l’ancienne membre d’Europe Ecologie-Les Verts.

#5 « Allez les Bleus ! » : le slogan auquel Fillon a échappé

« Le courage de la vérité. » L’ancien slogan de François Fillon était devenu gênant pour le candidat des Républicains, empêtré depuis fin janvier dans une affaire d’emplois familiaux. L’équipe du candidat a donc planché longuement pour finalement choisir « Une volonté pour la France ». Pourquoi ? « La notion de ‘volonté’ ou de volontarisme (la ‘niaque’) (…) s’est assez vite imposée », raconte RTL. Parmi les slogans auxquels les électeurs ont échappé : « Faire France » ; « FF » (comme François Fillon, mais trop proche de 2F, la société de conseil du candidat à la présidentielle) ; « Allez la France » ou même « Allez les Bleus ! ».

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La lettre de Laurent Joffrin……………..(21/03/2017)

Libération

21 mars 2017
Laurent Joffrin
La lettre de campagne
de Laurent Joffrin

Macron le fragile

En apparence, c’est un match nul : c’est donc bon pour Macron. Personne ne s’est effondré, personne n’a marqué de point décisif. Dans cette discussion équilibrée, le néophyte devenu favori a tenu le choc. Il a des chances de le rester.

Pourtant le débat de TF1 a aussi révélé des zones de fragilité, chez Macron comme chez les autres. Sur la forme : vieux briscards des joutes politiques, Le Pen et Mélenchon ont livré les prestations les plus marquantes, parlant haut, martelant les formules. La première a joué les bulldozer de la xénophobie, imputant à l’étranger la plupart des maux qui affectent le vieux pays. Elle est la Toinette de la présidentielle. Comme la servante de Molière répétait sans cesse à Argan, malade imaginaire : «Le poumon ! Le poumon ! Le poumon vous dis-je !», Marine Le Pen reproduit le même sketch, en beaucoup moins drôle : «L’étranger ! L’étranger ! L’étranger, vous dis-je !» Le chômage ? L’étranger ! Le terrorisme ? L’étranger ! Les déficits sociaux ? L’étranger ! L’insécurité ? L’étranger ! La désindustrialisation ? Les produits étrangers ! La crise agricole ? L’Europe, tout aussi étrangère ! On lui parlerait de la scarlatine qu’elle dirait aussitôt : l’étranger ! Et quel remède ? Moins d’étrangers ! Le poumon, vous dis-je ! Marine Le Pen est un médecin de Molière égaré en politique.

Mélenchon a été plus habile. Le ton rogue qu’il affectionne s’est mâtiné de bonhommie. Il choquait, il a fait rire. Un point de marqué. Reste à croire à ses propositions, dispendieuses en diable. C’est une autre affaire. Fillon, cauteleux à force d’être discret, a joué la présidentialité, ce qui n’est pas un mauvais calcul. C’est ainsi qu’il a pris tout le monde vitesse lors de la primaire, comme un pistard qui musarde en haut de l’arène avant de plonger pour le sprint final. Il rejoue la même course, qu’il peut encore gagner. Hamon a été précis, convaincu, assuré : lui aussi parie sur la sobriété, qui mène à la crédibilité. Il peut progresser.

Reste Macron, donc, face à des concurrents qui restent redoutables. Il a joué les Saint-Sébastien souriants, percé de droite et de gauche, content de servir de cible. Il a répliqué avec vivacité. Mais on sent aussi un flou volontaire, destiné à rassurer ses soutiens disparates. Macron est un clignotant, alternativement rose et bleu. Il lui faudrait devenir phare. Il cherche à contenter tout le monde, mais son assise, ce sont les sondages. Qu’ils viennent à fléchir et tout le monde lui tombera dessus.

Et aussi…

• Dépolitisés, les Français ? Quelque dix millions d’entre eux étaient devant leur téléviseur pour une discussion sérieuse, à l’opposé de la politique spectacle. Aux dires des experts en audimat, c’est un gros score. Civisme pas mort.

Bruno Le Roux justifie l’emploi de ses deux filles en CDD estivals. Le balancier des affaires repart vers la gauche. On sait que beaucoup de députés emploient des proches. Mais si les deux filles en question n’ont pas ou peu travaillé, l’excuse ne vaut rien. La cruelle logique voudrait que le ministre cesse de l’être pour assurer sa défense. La gauche sacrifierait l’un des siens mais elle montrerait que son comportement face aux soupçons est moins cynique que celui de la droite et de l’extrême droite.

Henri Emmanuelli quitte la scène. C’était un homme respectable, condamné très légalement pour un système de financement irrégulier dont tous les socialistes ont profité. Il cultivait son abord rugueux, qui traduisait des convictions fortes. Il était le parrain grognon des frondeurs. Lui aussi venait de chez Rothschild, ce qui tend à prouver que la banque mène à tout. Voilà qui relativise les accusations sans cesse lancées contre Macron, portraituré en homme d’argent cosmopolite avec une insistance qui devient louche.

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 21 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Flash « franceinfo »……………………(21/03/2017)

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  14h54
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Affaire Bruno Le Roux : le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire après les révélations sur l’emploi de ses filles. Suivez notre directLe parquet national financier ouvre une enquête préliminaire après les révélations sur les emplois des filles de Bruno Le Roux, mardi 21 mars. L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Accusé d’avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires à de multiples reprises, notamment quand elles étaient au lycée, Bruno Le Roux a annulé tous les rendez-vous prévus à son agenda, a appris France Inter.
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Publié dans : "AFFAIRES" | le 21 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

Flash « franceinfo »…………………..(21/03/2017)

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  11h08
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Attaque d’une militaire à Orly : deux hommes soupçonnés d’avoir fourni l’arme à l’assaillant ont été placés en garde à vueDeux hommes sont en garde à vue, depuis lundi 20 mars, dans le cadre de l’enquête sur Ziyed Ben Belgacem, le Français de 39 ans abattu après avoir attaqué une militaire à l’aéroport d’Orly, a appris franceinfo de source judiciaire, mardi. Les gardés à vue, âgés de 30 et 43 ans, sont soupçonnés d’avoir fourni à Ziyed Ben Belgacem le pistolet à grenaille dont il s’est servi lors de son équipée destructrice. Les deux hommes faisaient l’objet de mandats de recherche depuis dimanche, a précisé une source judiciaire à l’AFP. Ils ne présentent pas un profil terroriste, selon les informations de franceinfo.
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Les notes de L’OBS……………………..(21/03/2017)

Le bulletin de notes des 5 candidats après leur « Grand débat »

Le bulletin de notes des 5 candidats après leur "Grand débat"
François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen sur le plateau de TF1 avant le début du débat du 20 mars (Patrick KOVARIK / AFP)

Un Fillon costaud, un Mélenchon extraverti, un Hamon isolé, un Macron stressé et une Le Pen agressive. Les résultats de l’oral du 20 mars.

Sylvain Courage Publié le 21 mars 2017 à 06h10
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La présidentielle est une série d’épreuves digne des plus grands concours. Le 7 mai prochain, l’élu sera le candidat qui aura su le mieux les franchir. Lundi soir, les cinq plus sérieux prétendants à l’Elysée étaient rassemblés pour un grand oral, trois heures de débats devant les caméras de TF1. Qui a démontré le plus de compétences ? Affiché le meilleur comportement ? Et révélé le plus d’aptitudes pour le poste de chef d’Etat ? Nos appréciations argumentées et nos notes détaillées…

François Fillon : en progrès malgré les affaires

Le rebelle sarthois a semblé subir le débat jusqu’à 22h25. C’est alors que les prétendants à l’Elysée se sont exprimés sur la « moralisation de la vie publique »… Ouf, malgré leurs « pudeurs de gazelle » raillées par Mélenchon, Hamon et Macron, trop occupés à se marquer à la culotte, n’ont pas eu la dent trop dure. Le balafré du « Penelopegate » s’en est tiré par un rappel au règlement futur de l’Assemblée : transparence sur les rémunérations, interdiction des emplois familiaux, interdiction des emplois de conseil pour les parlementaires…

Ce mauvais moment passé, Fillon a contre-attaqué sur le terrain économique, fustigeant l’irréalisme dépensier de la gauche hamono-mélenchonienne, le chaos économique et social du programme frontiste et les demi-mesures ni droite, ni gauche de Macron.

Sans cautionner les outrances sécuritaires de Marine Le Pen, le champion de la droite et du centre a voulu se montrer ferme sur le terrain de la sécurité et de la lutte contre la radicalisation de l’Islam. Pas si mal pour un grand blessé qu’on disait perdu, il y a deux semaines de cela. « J’ai pu faire quelques erreurs, j’ai quelques défauts, qui n’en a pas ? », a-t-il conclu. Presque débarrassé d’un poids, le voilà de nouveau pleinement candidat après 6 semaines de turbulences…

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Compétence : 7/10 – François a su faire valoir son expérience dans les domaines économique et international.

Comportement : 4/10 – 1h30 d’embarras et presque d’ennui !

Aptitude au poste : 6/10 – A su faire oublier ses graves écarts à la morale publique. Mais attention, aux prochains débats.

Marine Le Pen : trop agressive et approximative

Pour sa première participation à un débat national, la candidate du Front National a voulu « dire tout haut » ce que les autres candidats taisent. Et à ses yeux, décidemment, rien ne va. Qu’il s’agisse de dénoncer la « montée de la délinquance », « l’immigration incontrôlée », la « fraude sociale » ou les diktats de Bruxelles qui « interdit tout », cette imprécatrice du déclin national n’a guère proposé de solutions concrètes si ce n’est la fermeture des frontières, l’expulsion des »ennemis de la France », le patriotisme économique et, bien sûr, une sortie de l’Euro que Fillon a promptement dézinguée.

« Le vrai serial-killer du pouvoir d’achat des Français, c’est madame Le Pen avec la sortie de l’euro. (…) On ne sort pas de la monnaie européenne pour une aventure qui aboutirait à la ruine des emprunteurs et des épargnants. »

Une mise en garde approuvée par Macron.

Que veut Marine Le Pen ? Elle qui condamne avec la même véhémence « l’ultra-libéralisme » et le matraquage fiscal. Anti-tout et anti-système, elle a joué, comme à son habitude, la carte du marketing électoral ciblant tour à tour les enseignants désemparés, les policiers au bord de la crise de nerfs, les paysans désespérés ou les contribuables ponctionnés par la droite et la gauche et même les familles d’enfants autistes… En opposant systématiquement les Français entre eux, elle ne s’est pas hissée au niveau de responsabilité d’un futur chef de l’Etat. Seule femme présente sur le plateau de TF1, elle a semblé en marge des candidats républicains. « Vous dites n’importe quoi », a râlé Hamon. « Oui, c’est vrai », a renchéri Fillon.

Compétence : 3/10 – Programme flou et fourre-tout.

Comportement : 3/10 – candidate agressive.

Aptitude au poste : 2/10 – Manque criant de maturité et d’honnêteté intellectuelle.

Benoît Hamon : élève créatif mais trop isolé

Concentré, le candidat de la « Belle alliance populaire » s’est appliqué à faire entendre sa différence : un programme social et environnemental innovant derrière lequel il se retranche. « La seule idée innovante de cette campagne électorale, c’est le revenu universel. Comment augmenter le pouvoir d’achat et relancer votre économie ? », a soutenu Hamon, en butte à un scepticisme général dans le cercle des présidentiables.

Se livrant peu, réservant ses piques à Macron (le candidat des lobbies), Fillon (l’ultra-libéral) et Le Pen (« l’obsédée de la rubrique faits divers »),  il est demeuré dans un splendide isolement pendant toute la durée du débat. Même lorsqu’il partageait l’avis d’Emmanuel Macron (sur la laïcité, par exemple), il n’a accordé aucun satisfecit à ses adversaires. Et n’en a donc reçu aucun ! Le pacte de non-agression conclu avec Mélenchon ne lui est pas d’une grande utilité face à la complicité affichée par le leader du Parti de gauche et le fondateur d’ » En Marche ! ».

Compétence : 5/10 – Bonne maîtrise du projet.

Comportement : 6/10 – Benoît doit s’ouvrir au débat.

Aptitude au poste : 5/10 – Sa volonté de corriger les inégalités l’emporte sur la prise en compte des réalités

Emmanuel Macron : candidat doué mais encore confus

Pas facile de se hisser au-dessus de la mêlée et de faire valoir sa différence quand on est pris pour cible par tous les autres candidats ! Candidat de « l’alternance profonde », Emmanuel Macron s’est souvent tiré du guet-apens en mettant les pieds dans le plat. Les allusions de Macron au sujet du financement privé de la campagne ? « Je pense que c’est pour moi, donc je vais répondre », a lancé Macron, bravache. L’ancien ministre « en marche » ne voulait rien laisser passer et répondre à chaque mise en cause de ses contradicteurs. « Je n’ai pas besoin de ventriloque », a-t-il lancé à Marine Le Pen qui le soupçonnait de complaisance à l’égard du burkini.

Se victimisant à l’occasion – « Heureusement que je suis là sinon vous vous seriez ennuyés… », l’ancien banquier d’affaires n’a pas manqué de répartie. Mais il s’est parfois montré trop abstrait et trop confus. Il gagnerait à simplifier ses arguments pour mieux frapper les esprits. Macron n’a pas répondu à François Fillon et Marine Le Pen qui l’ont, tour-à-tour, accusé de ménager la chèvre de la droite et le chou de la gauche. « Vous arrivez à parler sept minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n’avez rien dit ! C’est le vide sidéral ! », l’a torpillé Marine Le Pen. Pas faux, pour une fois.

Compétence : 7/10 – Un projet balancé susceptible de convenir au plus grand nombre.

Comportement : 5/10 – Trop de stress. Soigner les explications.

Aptitude au poste : 6/10 – Emmanuel sait reconnaître des qualités à ses adversaires.

Jean-Luc Mélenchon : premier de la classe de rhétorique

Le leader des « insoumis » n’a pas été intimidé le moins du monde par ce premier débat du premier tour de l’élection présidentielle. Son verbe limpide et tranchant fait de lui le meilleur orateur de la promo. « Il faut bien qu’il y ait un débat au PS « , a-t-il ironisé lorsque Hamon et Macron se sont chamaillés, provoquant l’hilarité générale.  Plus courtois qu’à l’ordinaire avec ses contradicteurs, Mélenchon a critiqué les journalistes : « Les Français vous détestent encore plus que nous », a-t-il lancé aux intervieweurs. Le format chronométré ne lui a pas permis de développer ses vues sur la « révolution verte ». Appelant à la fin de la « monarchie présidentielle« , il a disserté sur la  « VIe République », son assemblée constituante et son pouvoir de révocation des élus…

« Je serai le dernier président de la Ve République car sitôt élu, je convoquerai une assemblée constituante qui préparera une nouvelle constitution. »

Hors sujet ? Ses rivaux ne l’ont pas même contredit. Face aux conflits qui déchirent le Moyen-Orient, Mélenchon oppose la nécessité de « faire la paix ». Mais encore… Aux leçons d’économies orthodoxes de Fillon et Macron, il a opposé sa dépense publique créatrice. Ses soutiens ont apprécié. Mais qu’a-t-il entrepris pour convaincre tous ceux qui estiment que ses « beaux principes ne s’appliquent plus », comme l’a pointé Macron ?

Compétence : 5/10 – Des intentions généreuses. Trop ?

Comportement : 9/10 – A bien souvent sauvé le débat de l’ennui.

Aptitude au poste : 4/10 – autoritaire, Jean-Luc doit accepter qu’on ne pense pas comme lui…

 

Publié dans : Politique | le 21 mars, 2017 |Pas de Commentaires »
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