Terrorisme……………………………(10/09/2017)

Publié dans : TERRORISME | le 10 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

La réponse du BERGER à Naboléon…………..(09/09/2017)

Laurent Berger (CFDT) répond à Macron qu’il n’est pas « feignant »

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La réponse du BERGER à Naboléon..............(09/09/2017) dans La vie en macronie

Quand Macron se compare à Napoléon
Laurent Berger (CFDT) répond à Macron qu'il n'est pas "feignant"© Fournis par www.challenges.fr Laurent Berger (CFDT) répond à Macron qu’il n’est pas « feignant »

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, n’a pas apprécié la petite phrase d’Emmanuel Macron.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, déçu par les ordonnances réformant le droit du travail, a déclaré samedi qu’il entendait bien garder sa liberté de ton et d’action, quelle que soit la détermination affichée par Emmanuel Macron.

« Je ne suis ni extrême, ni feignant, ni cynique », a déclaré le numéro un du premier syndicat français, répondant ainsi à une déclaration critiquée du chef de l’État.

Dans un discours devant la communauté française d’Athènes, Emmanuel Macron a déclaré vendredi qu’il entendait réformer la France avec une « détermination absolue ».

« Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes », a ajouté le chef de l’État, ce qui a déclenché de vives réactions, notamment de la part du chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Face à ce début de polémique, l’entourage du chef de l’État a expliqué qu’il visait « tous les conservatismes qui ont empêché la France de se réformer ».

Laurent Berger a pour sa part répondu que la CFDT, tout en refusant de se joindre à la journée de mobilisation organisée mardi prochain par la CGT, garderait pour sa « liberté de ton » et « sa liberté d’action ».

« Nous ne nous ferons instrumentaliser ni par ceux qui voudraient faire de nous des alliés faciles ni par ceux qui voudraient instrumentaliser le monde du travail à des fins politiques », a ajouté le dirigeant de la CFDT.

Il a précisé que les numéros un des principaux syndicats français s’étaient vus cette semaine pour discuter de la situation actuelle mais aussi des réformes à venir, dont celles de la formation professionnelle et de l’assurance-chômage.

« Ça va être un moment difficile, je le sais mais c’est le moment que le la CFDT va choisir pour se retourner encore plus vers les salariés », a-t-il poursuivi. « Il faut redonner de l’espace au dialogue social et à la représentation syndicale et c’est malheureusement ce qui n’a pas été fait. »

Pour Laurent Berger, le syndicalisme ne peut pas se contenter d’être une force de contestation ou de témoignage.

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« Ce que je souhaite, c’est que demain, partout dans les entreprises, on développe encore plus du syndicalisme et du dialogue social et c’est ce que nous allons faire », a-t-il conclu. « C’est plus difficile à faire qu’une manifestation un peu stérile mais c’est beaucoup plus porteur de résultats, demain, pour les salariés. »

Publié dans : La vie en macronie | le 9 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Tristement vrai……………………(09/09/2017)

Médias

« Un président français raté » : Emmanuel Macron se fait épingler dans le « New York Times »

Chris Bickerton, professeur à Cambridge, a rédigé une tribune au vitriol contre le chef de l’État et sa politique intérieure.

Emmanuel Macron a été la cible d'une tribune au vitriol dans le "New York Times".
Emmanuel Macron a été la cible d’une tribune au vitriol dans le « New York Times ».Crédit : CHRISTIAN LIEWIG / POOL / AFP
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publié le 08/09/2017 à 20:58 mis à jour le 09/09/2017 à 10:09

« Emmanuel Macron sera encore un autre président français raté ». C’est ainsi qu’a été titrée une tribune publiée dans le New York Times, vendredi 8 septembre. Tribune signée de la plume de Chris Bickerton, un professeur qui enseigne la politique européenne à l’université anglaise de Cambridge.

Au mois de mai dernier, l’élection du président français avait été largement saluée par le journal américain, voyant en Emmanuel Macron « un nouvel espoir pour l’Europe ». Manifestement, les quatre mois écoulés depuis son élection n’ont pas convaincu le professeur.

Si aux yeux de Chris Bickerton, Macron a œuvré pour une meilleure image de la France dans le monde, « à la maison, c’est une autre histoire », a-t-il regretté dans les colonnes du New York Times. Tentant d’analyser la chute de popularité inédite du chef de l’État, Chris Bickerton explique qu’ »il a remporté le scrutin parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Mais le professeur va plus loin et souligne le fait que, selon lui, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme« .

« Tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne, regrette-t-il. Une grande partie de son attrait provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de sa beauté et de ses compétences oratoires. Cette approche hyper-personnalisée a toujours présenté le risque qu’une fois le charme passé, il ne reste plus rien, ce qui est exactement en train de se produire ». 

« Est-ce le futur que la France veut ? »

S’appuyant sur la réforme du Code du travail amorcée par le président, Chris Bickerton a tenu à dénoncer « les politiques économiques de M. Macron qui favorisent les employeurs par rapport aux travailleurs et éliminent ce qui reste de l’État-providence français ». 

Pour renforcer sa démonstration, l’universitaire a rappelé qu’ »en matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays suggèrent que des résultats s’obtiennent au prix de nouvelles inégalités. En Allemagne, les réformes du marché du travail ont entraîné une prolifération de « mini-emplois », un travail à temps partiel légèrement réglementé et qui a remplacé les emplois à plein temps dans certains secteurs.

Dans le marche du travail hautement déréglementé de la Grande-Bretagne, les niveaux records d’emplois existent parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. Est-ce ce futur que la France veut ?« , s’étrangle Chris Bickerton.

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Publié dans : Politique | le 9 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Le social à la Macron…………….(09/09/2017)

Fin des contrats aidés : les Restos du Coeur ne pourront plus distribuer de repas chauds à Grenoble « dès lundi »

Les Restos du Coeur de Grenoble ne pourront plus proposer de repas chauds dès lundi. C’est la conséquence directe de la fin des emplois aidés amorcée par le gouvernement d’Édouard Philippe la semaine dernière.

Une antenne des Restos du Coeur à Paris, le 24 septembre 2014. Image d\'illustration. 
Une antenne des Restos du Coeur à Paris, le 24 septembre 2014. Image d’illustration.  (JOEL SAGET / AFP)
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franceinfoRadio France

Mis à jour le 03/09/2017 | 13:45
publié le 02/09/2017 | 16:24

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Conséquence parmi d’autres de la fin annoncée par le gouvernement des contrats aidés : l’association des Restos du Coeur de Grenoble ne pourra plus distribuer de repas chauds à ses bénéficiaires, et cela « dès lundi », a assuré sur franceinfo samedi 2 septembre la présidente des Restos du Coeur de l’Isère, Brigitte Cotte.

« Nous avons un emploi aidé, le cuisinier, qui prépare entre 100 et 120 repas chauds par jour dans notre centre de Grenoble », indique Brigitte Cotte. « Notre salarié en contrat aidé a terminé sa mission et va sur d’autres projets. Quand on a voulu recruter un autre salarié en contrat aidé, on nous a répondu qu’il n’y avait plus de budget », regrette la présidente des Restos du Coeur de l’Isère.

Une solution qui ne se trouvera pas « du jour au lendemain »

C’est pourquoi, « dans l’immédiat nous allons supprimer la partie repas chaud, importante pour nous. Elle va disparaître le temps que nous nous retournions et que trouvions une solution. Mais ça ne se fera pas du jour au lendemain », indique Brigitte Cotte.

Jusqu’à présent le cuisinier salarié était « financé par les Restos du Cœur et le gouvernement nous remboursait tous les mois. Nous payions notre salarié entre 800 et 900 euros et le gouvernement nous donnait environ 300 euros ».

Interrogé à ce sujet dans l’émission « Questions politiques », dimanche 3 septembre, le Premier ministre a indiqué que la suppression du poste de cuisinier ne correspondait pas « aux orientations » que l’executif avaient fixées et qu’un contact avait été pris avec l’association.

Publié dans : SOCIAL | le 9 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(08/09/2017)

Libération 08 septembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Gauche caviar

L’hommage est unanime. Chacun célèbre le mécène, le capitaine de l’industrie de la mode, le collectionneur, l’esthète, le militant de la cause homosexuelle, l’homme de presse, le Pygmalion d’Yves Saint Laurent, l’ami de François Mitterrand et le gardien de sa mémoire. Ces hommages mérités, cette admiration pour un personnage de roman qui a construit à force d’énergie et de culture sa propre légende, recèlent un paradoxe. Pierre Bergé, disparu ce vendredi, fut aussi le symbole d’une engeance honnie, le représentant flamboyant d’une espèce qu’on affecte de stigmatiser, la figure de proue d’une sensibilité que le discours anti-élite a vouée aux gémonies : la «gauche caviar». C’est-à-dire cette fraction des classes dirigeantes qui professe des convictions progressistes, et qui encourt pour cela le reproche d’hypocrisie, le crime de tartufferie, le méfait de duplicité. Autant dire, en ces temps populistes, l’assurance d’une condamnation sans nuance…

La définition est d’autant plus juste pour Pierre Bergé qu’il poussa le vice, au moment où il aidait de son entregent et de ses finances les rejetons du mitterrandisme que furent Laurent Fabius, Ségolène Royal ou Vincent Peillon, à se faire producteur et vendeur de caviar, dans l’une des multiples affaires qu’il a lancées ou possédées… C’est l’occasion d’une mise au point sur cette «gauche caviar» de si mauvaise réputation.

On la dénonce désormais (tout en rendant hommage à Bergé). Mais fallait-il que ce milliardaire se contente de jouir de ses milliards ? Que le PDG d’Yves Saint Laurent se limite à compter ses dividendes et à se prélasser dans ses villas paradisiaques ? Ou bien n’est-il pas utile, pour la cause progressiste, pour le combat des minorités, qu’un homme de l’élite, de l’argent et de la culture, consacre une partie de son temps et de sa fortune à aider la gauche, à alerter l’opinion sur l’épidémie du sida, à défendre la cause homosexuelle ? Voilà qui pose un problème à l’idéologie «dégagiste» en vogue. Dans le souci agressif de délimiter deux camps dans la société française, il faudrait aussi «dégager» les membres de la classe dirigeante qui se séparent de leurs congénères et prennent le parti du progrès ? Voilà un sujet de réflexion que Bergé, esprit raffiné autant que militant, aurait sans doute prisé…

Et aussi

• Emmanuel Macron a fait un bon discours à Athènes. Un peu solennel dans cette mise en scène antique qui l’érige en Démosthène de l’Union, en Périclès du siècle européen. Mais ses propositions sont justes : intégrer, unifier le gouvernement de la zone euro, fixer une ambition haute à la construction européenne. L’idée de constituer des listes transnationales pour les élections au Parlement de Strasbourg, qui ferait passer les orientations politiques des uns et des autres avant leur attache nationale, annonce une révolution copernicienne. Trop peu soulignée.

• On ne peut pas en dire autant de ses saillies devant les Français de Grèce. Traiter de «fainéants» les opposants à la loi travail – ou certains d’entre eux, mais lesquels ? – n’augure rien de bon quant aux rapports qui s’installent entre le gouvernement et les protestataires. Macron avait déjà parlé des «illettrés» d’une usine de Bretagne, des «gens qui ne sont rien» à propos de certains Français modestes. Ces formules sont peut-être censées rompre avec la langue de bois. Pour tout un chacun, elles traduisent surtout un mépris de classe.

• Les responsables de La République en marche se relaient pour désamorcer l’effet de la déconvenue qu’ils attendent aux élections sénatoriales. Jusque-là optimistes, persuadés que le raz-de-marée de juin pourrait se reproduire en septembre, ils révisent leurs espoirs à la baisse, comptant sur une dizaine de sièges supplémentaires, ce qui est fort modeste en regard du triomphe des législatives. Ils incriminent le mode de scrutin, indirect, qui repose sur le vote des élus locaux et non celui des citoyens. L’argument est juste. Mais comment ne pas avoir aussi, dans ce réalisme nouveau, la reconnaissance des difficultés rencontrées par le gouvernement dans l’opinion ?

Laurent Joffrin
Publié dans : Politique | le 8 septembre, 2017 |1 Commentaire »

Terrorisme……………………………..(08/09/2017)

Publié dans : TERRORISME | le 8 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Terrorisme………………….(08/09/2017)

Publié dans : TERRORISME | le 8 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Libres propos………………………….(08/09/2017)

Tribune

Emmanuel Macron, un candidat néolibéral devenu président illibéral

Par Eric Fassin, Sociologue, universitaire à Paris-VIII — 7 septembre 2017 à 17:26
Emmanuel Macron au soir de son élection, le 7 mai sur l'esplanade du Louvre. Zoom
Emmanuel Macron au soir de son élection, le 7 mai sur l’esplanade du Louvre. Photo Denis Allard. Rea

Depuis la présidentielle, il n’est plus question de réduire le pouvoir souverain pour accroître les libertés. Un nouveau créneau pour la gauche ?

  • Emmanuel Macron, un candidat néolibéral devenu président illibéral

En 1989, la chute du Mur était censée marquer, sinon la fin de l’histoire, du moins le triomphe d’une société ouverte. Le marché libre n’était-il pas la garantie des libertés démocratiques ? Moins d’Etat, telle était la double leçon tirée de l’échec de ces régimes autoritaires, et le laisser-faire, et les droits humains. Après la guerre froide, le libéralisme se voulait donc à la fois économique et politique.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Loin de se retirer de la scène économique, l’Etat en est plus que jamais un acteur essentiel. Au lieu de laisser-faire, il intervient sans cesse – pour sauver les banques, aider les entreprises et redistribuer la richesse… au bénéfice des riches. Pour le distinguer du libéralisme économique, on qualifie cet avatar du capitalisme de néolibéral.

Le néolibéralisme est-il libéral politiquement, à défaut de l’être économiquement ? On a pu le croire quand les partis sociaux-démocrates s’y sont convertis dans les années 90. Les Premiers ministres anglais, Tony Blair, puis espagnol, José Luis Zapatero, ont d’abord revendiqué une forme de modernité, économique mais aussi politique. L’emblème en était leur ouverture proprement libérale en matière d’immigration et pour les droits sexuels.

Depuis, «l’Europe forteresse» est, certes, devenue l’autre face d’une union néolibérale. La chancelière allemande n’en a pas moins démontré en 2015 que l’intransigeance économique, dont la Grèce faisait les frais, ne condamnait pas nécessairement à l’abandon des droits humains. Surtout, sa politique d’accueil des réfugiés était menée non pas en dépit mais au nom de la rationalité économique, l’intérêt bien compris rendant la générosité possible en même temps que nécessaire.

En se démarquant d’un Manuel Valls pour célébrer le courage politique d’Angela Merkel, Emmanuel Macron avait inscrit sa campagne dans cette filiation d’un néolibéralisme libéral. Or, depuis son élection, c’en est fini du libéralisme politique. Il n’est pas question de réduire le pouvoir souverain pour accroître les libertés. Du Louvre à Versailles, le nouveau président endosse l’habit monarchique de la Ve République, et pare l’orléanisme bourgeois d’un Guizot des atours majestueux du Roi-Soleil. L’Etat, c’est lui.

Parvenu à la présidence sans jamais se lier à un parti, Macron revendique haut et fort un pouvoir personnel dont les parlementaires seraient les simples exécutants. Réformer le code du travail par ordonnances le signifie aujourd’hui sans ambiguïté. La séparation des pouvoirs, chère aux pères fondateurs de la pensée libérale, a fini de s’effacer au profit d’un présidentialisme absolu. Il n’est pas davantage question de négociation avec ce qu’on hésite à nommer encore des «partenaires sociaux». Le Premier ministre le déclare sans ambages : «Nous avons concerté. Concerter, ce n’est pas négocier.» La franchise d’Edouard Philippe est d’autant plus éloquente qu’il rompt avec l’usage pronominal du verbe par cet emploi… absolu. Il ne s’agit pas seulement de politique économique. La logique autoritaire déployée pour imposer les réformes est aussi au cœur de la politique d’immigration. Certes, le Président n’a pas renoncé à la rhétorique de l’accueil quand il prend la parole aux côtés de Merkel : «C’est notre tradition, et c’est notre honneur.» Cela ne l’empêche pas de proposer des «hot spots» pour trier les migrants en Libye, voire au-delà, à l’abri des regards humanitaires. Changement dans la continuité : au ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb, succède à Brice Hortefeux et Claude Guéant, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a beau protester avec vigueur, à Vintimille et à Calais, ou Porte de la Chapelle, la chasse aux migrants, demandeurs d’asile ou pas, bat son plein. Elle se prolonge, plus encore que sous Nicolas Sarkozy, par la chasse aux militants. Dans la vallée de la Roya, Cédric Herrou paie ainsi au prix fort ce retour du «délit de solidarité». Fait remarquable, l’institution judiciaire se fait ici l’instrument docile de l’exécutif. La confusion des pouvoirs s’aggrave. En témoigne aussi la constance, de l’ex-président au nouveau, de la répression contre la famille d’Adama Traoré, mêlant pareillement forces de l’ordre, justice, élus locaux et membres du gouvernement.

Pourquoi le candidat libéral s’est-il métamorphosé, dès son élection, en un président illibéral ? Comme ses prédécesseurs, il a pour priorité de faire passer, coûte que coûte, des réformes néolibérales. D’un côté, la gestion répressive des banlieues, comme en écho à celle des migrants, vise à distraire les électeurs en leur jetant en pâture des victimes expiatoires, à défaut de pain, des «jeux». De l’autre, toute opposition extraparlementaire sera présentée comme une menace à l’ordre public. Gageons que si la contestation reprend demain dans la rue, elle sera qualifiée d’antidémocratique, le Président n’a-t-il pas été élu démocratiquement (et qu’importe la manière) ? Dès lors, le ton policé de Macron ne parviendra plus à masquer son fond policier, la matraque dira la vérité du régime.

Ce revirement illibéral est un choix stratégique. Le Président ne paraît plus voir de concurrence réelle qu’à droite ; il refuse donc de concéder ce terrain à Laurent Wauquiez et Marine Le Pen. Voilà justement pourquoi la gauche a tout intérêt à distinguer le néolibéralisme du libéralisme. Se dire «antilibérale», ce serait confondre la critique du capitalisme et la défiance à l’égard de la politique des droits, au risque d’accréditer l’idée que la seconde serait une affaire de «bobos», étrangère à un «peuple» uniquement intéressé par la première. Au contraire, face au néolibéralisme illibéral du Président et de la droite, mais aussi à l’antilibéralisme tant économique que politique professé par le FN, articuler la critique du néolibéralisme économique à la défense des droits et des libertés devrait être le créneau de la gauche et son programme.

Dernier ouvrage paru : Populisme : le grand ressentiment (Textuel, 2017).

Eric Fassin Sociologue, universitaire à Paris-VIII

Liberation.fr
Publié dans : Libres Propos | le 8 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

RIP……………………………….(08/09/2017)

Publié dans : HOMMAGE | le 8 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………….(07/09/2017)

Libération 07 septembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Politique de la compassion

«Regardez comme je suis bon !» Le président de la République, les ministres, les pouvoirs publics en général, ont déployé toutes les ressources de la mise en scène politique – cellule de crise, réunion d’urgence, voyage immédiat, communiqués et déclarations empathiques – pour bien attester de leur compassion envers les victimes de l’ouragan Irma et de leur volonté de porter immédiatement secours aux îles détruites. C’est désormais une figure obligée de la vie publique : tout dirigeant doit dans l’heure, dans la minute, montrer qu’il vit en communion avec les souffrants, qu’il partage leur malheur, qu’il se concentre toutes affaires cessantes sur leur tragique destinée. C’est la politique de la compassion.

Faut-il s’en plaindre ? Pas sûr. Preuve par l’absurde : l’indifférence de George W. Bush envers les victimes de l’ouragan Katrina, son retard à réagir publiquement, ont été jugés très sévèrement. A juste titre : cette apathie au sommet s’est aussi traduite par une criminelle lenteur dans l’organisation des secours, notamment envers les quartiers les plus déshérités. La célérité de la communication, dans le cas de l’ouragan Irma, laisse espérer une action tout aussi rapide de l’Etat français en faveur de ces lointaines victimes. Que dirait-on d’un dirigeant déclarant soudain : «J’ai mieux à faire, je m’occupe de grande politique, les sinistrés attendront» ?

Souvent le rejet de la posture compassionnelle émane d’horizons peu démocratiques. Une certaine droite conservatrice ou libérale se moque volontiers de «l’Etat neu-neu» ou du «gouvernemaman», qui prend les citoyens pour des enfants et les berce de bonnes paroles au lieu de les inciter à se prendre en mains. Aidez-vous, car l’Etat minimal, idéal des libéraux, ne vous aidera pas ! C’est ainsi qu’on théorise l’égoïsme. Une certaine extrême gauche, dans sa détestation symétrique des symboles démocratiques, dénonce l’artifice médiatique dispensé par une conjuration de manipulateurs, destiné à masquer «les vrais problèmes» par l’émotion, à surfer sur les catastrophes naturelles pour faire oublier les calamités sociales. Compassion, manipulation !

Emotion

Deux ouvrages éclairent utilement l’affaire, l’Homme compassionnel, de Myriam Revault d’Allonnes et le Temps des victimes, de Caroline Eliacheff et Daniel Soulez-Larivière. Ils convergent vers un même diagnostic. La politique de la compassion est un progrès de la démocratie. Dans une société égalitaire, où les dignités sont semblables, où les droits sont équitablement distribués, tout dirigeant doit être de plain-pied avec les gens de peu et – même si c’est hypocritement (l’hommage du vice à la vertu…) – témoigner de sa solidarité. Si nous sommes égaux en droit, ceux d’en haut ne sauraient ignorer les malheurs de ceux d’en bas. Vigilante, l’opinion publique se charge de les rappeler à leurs devoirs. Amartya Sen, prix Nobel d’économie, philosophe anglo-indien, a consacré sa thèse de jeunesse à la comparaison d’une famine dans la Chine communiste et l’Inde démocratique. Les victimes furent largement abandonnées en Chine, le parti et les bureaucrates réagissant avec lenteur, alors que dans l’Inde inégalitaire mais démocratique, les dirigeants houspillés par la presse et l’opinion, durent faire diligence. Les démocraties, soi-disant inefficaces et shootées aux médias, s’occupent mieux des victimes que les dictatures progressistes…

A condition de ne pas laisser l’émotion tout brouiller. C’est le revers de la médaille compassionnelle. La solidarité immédiate ne doit pas épargner aux pouvoirs publics la mise en cause politique. Dans le cas de Saint-Martin, il apparaît que l’Etat porte une responsabilité. En 1995, un autre ouragan avait obligé l’administration à édicter de nouvelles normes, à définir des précautions nécessaires. Mais la relative indifférence dans laquelle vit cette île tropicale, loin de la Guadeloupe, a empêché qu’on applique avec rigueur les lois communes de sauvegarde du littoral. Il est probable qu’on a construit impudemment, trop près de la mer. Au-delà de la compassion, voilà qui mérite enquête.

On sait aussi que Saint-Barthélemy a attiré au bord de ses plages paradisiaques la plus grande concentration de people de la terre. Kate Moss, Tom Hanks, Bono, Bill Gates, Johnny Hallyday, et autres dieux vivants de la jet-set, ont élu domicile sous ses palmiers. Quid des rapports sociaux dans ce paradis pour milliardaires ? Les «beautiful people» ont-ils participé autant que nécessaire à la vie collective de l’île qui les a accueillis, où la misère, par définition, côtoie la plus grande richesse ? Seront-ils solidaires, eux dont la villa de rêve a été légèrement endommagée, tandis que la maison achetée à crédit par ceux qui nettoient leur piscine n’existe plus ? Au-delà de la compassion, voilà qui mérite enquête. Sans émotion, point de solidarité. Mais avec la seule émotion, point de politique.

Laurent Joffrin
Publié dans : CULTURE | le 7 septembre, 2017 |1 Commentaire »
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